DAPHNIS
lit)
MOPSUS
Nul don ne m'est plus cher qu'une telle musette : Agréez de ma main cette belle houlette ; Sur son airain brillant nos chiffres sont tracés; J'y vais joindre un feston de myrtes enlacés : Antigène s'attend que je Ten ferai maître ; Mais mon cœur en décide , et Ménalque doit l'être.
NOTES
La mort d'un Frère de Virgile, nommé Flaccus Maro , et représenté sous le nom de Dapbnis, fait le sujet de ce poème. Mopsus , élève du poète , pleure Daphnis: Virgile , sous le nom de Méualqne , en fait Tapothéose.
Chantez Codras moarant pour sauver sa patrie •
Dernier roi d'Athènes.
Chantez du tendre Alcon la pieuse industrie.
Scnrius écrit qu Alcon était fils de cet Kriclitlu'c Jli. ' 9
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PhyllU, fille de LTcurgae. roi de Thrare. Soi amant Démopboon. fil« de Th«r»êe, fut rappelé ' AUièue» par de< rai«on» d'eUt : «on ahaence fat lor gae ; Phyllis le crut infidèle, elle se donna la mort
Pal*^ iM chrrit plas crtta ripnc flcMitr.
Déesse cbampétre.
Oaphni» déifié règne au ^rjoor des asirrs.
L'apothéose serait an peu outrée si le poète n'en faisait an dieu champêtre : Virgile a soîti Texempte des poètes grecs, qui avaient ainsi diriniaé le Dapbnii de Sicile.
ÉGLOGUETI.
SILENE.
Premier imitateur du berger dont la muse Est l'honneur immortel des champs de Syracuse, Dans un heureux loisir je répète en ce bois Les airs que les Amours jouaient sur son hautbois.
Pour chanter les combats et le dieu de la Thrace J'allais rêver un jour au sommet du Parnasse ; Apollon, peu facile à ces hardis projets^ M'ordonna de traiter de plus simples sujets : Je ne trouble donc plus par l'éclat des trompettes Des champs accoutumés aux soupirs des musettes. Si je chante aujourd'hui sur ces paisibles bords, Muses, ne m'inspirez que d'aimables accords.
Que d'autres , ô Varus, plus chers aux doctes fées ,
i32 ÉGLOGUEVI.
Au temple de Mémoire érigent vos trophées !
Ma voix, trop fiEÛble encor pour chanter les héros. Apprendra seulement votre nom aux échos.
Mais si ce qu'aujourd'hui j^écris sans impostures, Vainquant la nuit des temps , passe aux races futures , On lira que Yarus et ses brillants honneurs Étaient même connus au séjour des pasteurs.
Dans un antre champêtre, orné par la nature, Sous des pampres fleuris, sur un ht de verdure, Silène, de Morphce éprouvant la douceur, A des songes riants abandonnait son cœur ; On voyait près de lui sa couronne et son verre Renversés sur un Uiyrse entouré de lierre; Un doux jus, bu la veille aux fêtes de Bacchus , Tenait cncor ses sens assoupis et vaincus, Quand deux jeunes bergers, Silvanire et Mnasile, Troublèrent à dessein la paix de cet asile.
Depuis long-temps Silène , oracle de ces heux , Leur promettait en vain des chants mystérieux; Il avait jusqu'alors éludé leur poursuite; Mais leurs efforts enfin empêchèrent sa fuite ; La jeune Églé survient, et se joint aux pasteurs Pour former au vieillard une chaîne de fleurs. Captif en ces liens, Silène se réveille; On voit naître les ris sur sa bouche vermeille :
Yous l'einportei, i!il-il, et je suis •rri'li';
"Vaut vDulei que des temps je vous dunle let faslei ; Ud jour ne peul uiffire à des lujets li Tîntes; Commençoiu eependint, contenloi» vos désin : Pour voua, je tous réserve, I^^é, d'iutrei plaiiin. nompcz, jeunes pasteurs, cette diafaie iuutile. Et comptez lur U foi de mi muse docik.
n dit Tout B l'euvi s'apprite k l'écouler; Ses liens sont brisés : il commence k chanter.
Aux sublimes accents de l'immortel Silène Les vcnlStiQ loin chaasés, ne trou blaient pas U pUiue ; I,es ruisseaux s'arrêtaient et n'osaient s'agiter; Les éehos adniraieut et n'osaient répéter; hei Nymphes, lejSïlT«ins,forinant U'aimablesdanses, Suivaient d'uo pas léger s«s brillaiiles cudeuces. Le rivage d'Ajnphrise et le bois d'Hclicon Fuient souvent charmés par le chaut d'Apollon; Le sombre roi du Stji, aux leudres airs propice. Fui touché des accords derépouï d'Eurjdiee:
Mais la voix du vieillard cher au dieu des raisins Charma bien plus eucor les rivages voisins.
Il décrivait d'abord la naissance du monde- Rien n'existait encore; une masse inféconde t'onnait un vasle amas d'atomes confondus ,
lU EGLOGUEVI.
Dans les déserts du vide au hasard répandus; Ce néant eut sa fin ; l'univers reçut Tétre:
Des atomes unis le concours ût tout naître; Il fit les éléments, qui, par d'heureux accords, Formèrent à leur tour tous les lieux, tous les corps; Les plaines de Cybèle et les champs de Nérée Occupèrent leurs rangs sous la sphère éthérée. Et sur ces sombres lieux, muettes régions.
Où le trépas conduit ses pâles légions.
Quel spectacle pompeux ! du monde jeune oicore Quel fut rétonnement, quand la naissante aurore, Pour la première fois ouvrant un ciel vermeil, l''it luire aux yeux charmés l'empire du soleil ! Bientôt ce dieu fécond, ame de la nature.
Du monde, obscur sans lui, ût briller la structure, Et donna, de son char élevé sur les airs, Du jour et des couleurs à tant d'êtres divers. La ten'e, à son aspect, riche et fertilisée.
Des plus précieux dons se vit favorisée; Elle enfanta les fleurs, les premières moissons, La vigne , les vergers, les bois et les buissons; Un peuple d animaux erra dans nos montagnes ; Les troupeaux, moins craintifs , peuplèrent les campagnes; L'air eut ses citoyens, l'onde ses habitants :
SILÈNE. lii
Ainsi, poursuit Silène, on vit naître les temps.
Les humains vertueux, sous le sceptre de Rhée, Tirent du siècle d*or la trop courte durée; Les coupables enfants de ces premiers mortels Altérèrent les mœurs, foulèrent les autels; La Tertu fugitive , aux jours de Prométhée, Reprit son vol aux cieux d*ime atts ensanglantée : Par le dieu du trident l'Olympe fut vengé, La mer fut le tombeau dn monde submergé.
L'époux seul de Pyrrha , dans cette nuit profonde, Survécut avec elle aux ruines du monde; De la terre en silence il peupla les déserts Sur les vastes débris du premier univers.
Ainsi chante Silène, ainsi sa main retrace Le tableau des malheurs de la mortelle race; Par Mnémosyne instruit des faits de tous les temps, II en peint aux bergers mille trailj ■ ^s'ants.
Il plaint le jeune Hylas long-temps [ leuré d'Alcid« : Une nymphe Tentraine en sa grotte liquide ; Alcide en vain l'appelle aux rives d'alentour, Hylas ne répond plus , sa perte est sans retour.
L'éloquent demi-dieu chante ensuite et déteste Du monstre des Cretois la naissance funeste; n chante cette reine , épouse de Minos , HMireuse si jamais on u'eàt vu de troupeaux.
i3f) ÉGLOGUE VI.
Des lilles de Prœtus les fureurs sont connues , Leurs vains gémissemoits insultèrent les nues; Mais leur délire ardent, leurs stupides fureurs N'ont jamais de la Crète égalé les horreurs.
O honte ! ô crime affreux! quels feux brûlent tes veii Folle Pasiphaé? qu*attends-tu dans ces plaines? Le taureau que ta sois ne comprend point tes pieu Épris d'autres amours, il foule un lit de fleurs, Et toujours insensible à tes flammes brutales, Dans quelque pâturage il te fait des rivales. Chastes nymphes dlda, sortez de vos forêts.
Que ce taureau fatal expire sous vos traits ; S'il ne s'offre à vos coups sur la rive voisine. Volez , suivez ses pas jusqu'aux murs de Gortine Sacrifiez ce monstre, et vengez en ce jour I^s lois de la nature, cl l'honneur de l'amour.
Pour égayer ses vers, l'ingénieux Silène Peint le triomphe heureux du galant Hippomènc Il décrit les fruits d or dont l'éclat enchanteur Sut soumettre Atalante à ce jeune vainqueur.
Des sœurs de Phaéton il chante la tendresse : Il chante aussi Gallus, des rives du Fermasse ( lunduit par une muse à la cour d'Apollon , VA reru par ce dieu dans le sacré vallon :
A. W combler d'honneurs tout se plait, tout cons]