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L COMEDIE. 3iT
, quand ses iffmmciAi uni
llilèlv, quel qu'il
eii quelipie noturiclé , doit en puUiei el laisser iin moDumcDl de soa [«penlir. Lus gcus du bon air, les dciui-raisonncim. les pilnjaliks iiierédiilcs pcuveut k leur aise se moquer de ma domarche; je serai trop dédomniagc de leur pclile ceusurc el de leurs froides ptaisanlcries, si leA i;eiu sensés et vertueux, si les écriiaios dî^es de servir la religion , si les âmes honnêtes et pieuses que j'ai pu scandaliser, voieul mou humble dûsaveu ai'cc eetle satisfaction pure que fail naître la fcrité dès qu'elle se montre.
Je proGle de celte occasion pour réiraeler aussi solenntjltmcul tout ee que j'ai pu écrire d'un ina peu réUéehi dans les bagatelles rimées dont on a multiplié les éditions sans que j'aie jaioaisété dans la conCdeiice d'aucune. Tel est le malheur allaché à la poésie , cet art si dangereux , dont l'histoire est beaucoup plus ta liste des fautes célèbrei el des regrets tardif , que celle des succès sans Lonte el de la gloiro sans remords; tel est l'écueil presque inévitable, surtout dans les délires de la jeunesse ; on se laisse entraîner à établir des principes qu'on n'a point; un vers brillant décide d'une maninie hardie, scandaleuse, eitraiaganle; l'idée est lé-
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méraire , le trait est impie , n'importe ; le est heureux, sonore, éblouissant; on ne |w sacrifier, on ne veut que briller, on parle oc ce qu'on croit, et la vanité des mots l'emport» la vérité des choses. L'impression ayant d« quelque existence à de faibles productions quelles j'attache fort peu de valeur, je me . obligé d'en publier une édition très-corrigée je ne conserverai rien qui ne puisse être soi à la lumière de la religion et à la sévérité d« regards : la même balance me réglera dans t très ouvrages qui n'ont point encore vu le j Pour mes nouvelles comédies ( dont deux on lues, monsieur, par vous seul), ne me les dei dez plus; le sacrifice en est fait, et c'était saci bien peu de chose. Quand on a quelques éci se reprocher, il faut s'exécuter sans réserve que le remords les condamne; il serait trop ii tain de compter que ces écrits seront brûlé flambeau qui doit éclairer notre agonie.
J'ai cru, pour l'utilité des mœurs, pouvoii ver de cette proscription les principes et les in d'une pièce que je finissais, et je les donnerai une autre forme que celle du genre dramatii cette comédie avait pour objet la peinture
SUR LA COMÉDIE. li 1
rriliqne d'un carticlère pin» à la mode que /e Mèihant mùmc, cl qui, sorti de ses bomei, dpvieiil Inii* W jour* du plus en pliis ridicule rt un vire nnliiiual.
Si U prélenliou de et raractère , si répandue aujourd'hui, si maussadR, comme l'esl toute prilenlion, et si gauche dans ccui qui l'onl maigri' la nalurc et sans succès, n'étair qu'un de ces ridicules qui ne aoni que de U fatuité sans danger , ou de la soltîsr. sans cooséqueuce, je ue m'y serais plus arrflé; l'olqet du portrait ue vaudrait pas les frais des crayons; mais, outre sa couiiquealisiinlité, cette prétention est de plus si contraire aux. règles élalilies, à l'honnêteté pulilique, et an respect dA à la raison, que je me suis cru obligé d'en conserver les traits et la censure, par l'iutérit qtie tout citoven qui pense doit prendre aiin droits de ta vertu et de la vérité : j'ai tout lieu d'espérer que resujet, t'il doit être de quelque utilité, ; parviendra bien plus sûrement sous cette forme nouvelle que s'il n'edt paru que sur la scène, cette prétendue école des mvurs, où l'amour-proprc ne vient reconnaître que les torts d'aulnii , et oii les vrriléii morales le plus lumineusement préseulées n'iml (|ue le stérile mérite d'clonucr un instant le
3i4 LETTRE
désœuvrement et la frivolité , sans arriver jamais à corriger les vices, et sans parvenir à réprimer la manie des faux airs dans tous les genres, et les ridicules de tous les rangs.
Je laisse de si minces objets , pour finir fur des considérations d'un ordre bien supérieur à toutes les brillantes illusions de nos arts agréables, de nos talents inutiles, et du génie dont nous nous flattons.
Si quelqu'un de ceux qui veulent bien s'intéresser à moi est tenté de condamner le parti que j'ai pris de ne plus paraître dans cette carrière, qu'avant de me désapprouver il accorde un regard aux principes qui m'ont déterminé ; après avoir apprécié dans sa raison ce phosphore qu'on nomme l'esprit, ce rien qu'on appelle la renommée, ce moment qu'on nomme la vie , qu'il interroge la religion qui doit lui parler comme à moi , qu'il contemple fixement la mort , qu'il regarde au-delà , et qu'il me juge. Cette image de noire fin , la lumière, la leçon de notre existence et do notre première philosophie, devrait bien abaisser l'extravagante indépendance et l'audace impie de ces superbes et petits dissertateurs qui s'cfTorceiit vainement d'éJever leurs délires systématiques au-
SUR LA COMÉUIH. ii3
dessus dfs preuves liuniDeuses de la révélatiou. Le temps vole, la ouil s'avance, le rave ta fldir, pauii]uoi perdre à douter avec une ibsiirile présoin ptiou cet iiutaut (|ui naus esl laissé pour eroiri" el pour aJorer avec une soumUsian fondée sur les plus fermes principes delà saïiic raison? Commeut immoler nos jours à des oui-rages rarenieul ai^laiidis, souvent dangereim, toujours inutiles > Pourquoi nous borner i des spéculations indifférentes sur les majestueni phénomènes de la nature? Au moment où j'écrb, un corps céleste, nouveau à nos regards , est descendu sur l'horizon ; mais ce spectacle, également frappant pour les esprits Éclairés et pour le vulgaire, amuse seulement la frivole curiosité quand il doit âevernos réflexions; encore quelques jours , et cette comète que notre siècle voit po^ir la première fois va s'éteindre poDT nous, et se replonger dans l'immcnsilé des cieux pour ne reparaître jamais aux yeux de prcs- <iue tons ceux qui la contempleul aujourd'hui. Quelle destinée éternelle nous aura été assignée lorsque cet astre élincelant et rapide, arrivé au terme d'une nouvelle révolution , après une marche de plus de quinze lustres, reparaîtra sur cet hcmisphcre? les témoins de son retour marche-
3i6 LETTRE SUR LA COMÉDIE.
Je vous demanderais grâce , monsieur, surqii* ques traits de cette lettre qui paraissent sortir ( limites du ton épistolaire, si je ne savais, par u longue expérience, que la vérité a toute seule f elle-même le droit de vous intéresser indépenda ment de la façon dont on Texprime, et si âi'i leurs dans un semblable sujet , dont la dignité rénergie entraînent Tame et commandent Texpr sion, on pouvait être arrêté un instant par de fr des attentions aux règles dn style j et aux cliéti^ prétentions de Tesprit.
Je suis, avec tous les sentiments d'un profo i^spect, et d'im attachement inviolable.
Monsieur,
Votre très hatnb]e al irès ob^ssanl sci*vitour
GRESSKT.
A Ainii>ns, lo 14 mai 1759.