‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 101 sur 115 · ClcwHe^ est un très-honnéte homme; il s'est · texte numérisé non relu

ClcwHe^ est un très-honnéte homme; il s'est

' Ce passage en rappelle un fie Plutarqiic , que noua allons rapporter ici : « II y a quelquefois de petites har- " (jnes et riottcs souvent répétées, procédantes de quelques i-A nnuYF.nE. i, 21

choisi une femme qui est la meilleure persontic du moude, et la plus raisonnable : chacun, de sa part, fait tout le plaisir et tout l'agrément des sociétés où il se trouve; l'on ne peut voir ailleurs plus de probité, plus de politesse. lisse quittent demain; et l'acte de leur séparation est tout dressé chez le notaire. Il y a, sans mentir, de certains mérites qui ne sont point faits pour être ensemble, de certaines vertus incompatibles.

4-4. L'on peut compter sûrement sur la dot, le douaire, et les conventions , mais foiblemeut sur les nourritures : elles dépendent d'une union fragile de la belle-mère et de la bru, et qui périt souvent dans l'année du mariage.

45. Un beau-père aime son gendre, aime sa bru. Une belle-mère aime son gendre, n'aime point sa bru. Tout est réciproque.

46. Ce qu'une marâtre aime le moins de tout ce «jui est au monde, ce sont les enfants de son mari : plus elle est folle de son mari, plus elle est marâtre.

» fascheuses conditions, ou de quelque dissimilitude ou in- « compatibililc- de nature, que les eslranjjers ne corrnoissent 0 pas, lesquelles par succession de temps enjrendrent de si «grandes aliénations de volontez entre des personnes, « qu'elles ne peuvent plus vivre ny habiter ensemble. » {Vie de Pauhis /Emilius, cb. ni de la version d'Amyot.)

ET DE LA CONVEnSATION 333

Les marâtres font ck-serter les villes et les bourgades, et ne peuplent pas moins la terre de mendiants, de vagabonds, de domestiques et d'esclaves, que la pauvreté.

47. G** et H**i sont voisins de campagne, et leurs terres sont contiguës; ils habitent une contrée déserte et solitaire. Éloignés des villes et de tout commerce, il sembloit que la fuite d'une entière solitude, ou l'amour de la société, élit dû les assnjcttir à une liaison rtcijjroque ; il est cependant diflicile d'exprimer la bagatelle qui les a fait rompre, qui les rend implacables l'un pour l'autre, et qui perpétuera leurs haines dans leurs descendants. Jamais des parents, et même des frères, ne se sont brouillés pour une moindre chose.

' Ici, les auteurs de clefs donnent des noms qui se rapportent aux initiales du texte, ce qui pourroit faire croire qu'ils ont rencontré juste. Voici comme ils racontent l'aventure : « Vedeau de Grammont, conseiller de la cour çn « la seconde des enquêtes, eut un Irès-fjrand procès avec "M. Hervé, doyen du parlement, au sujet d'une bêche.

• Ce procès, commencé pour une bagatelle, donna lieu à « une inscription en faux de titre de noblesse dudit Vedeau ; " et cette affaire alla si loin , qu'il fut dégradé publique- " ment, sa robe déchirée sur lui ,■ outre cela , condamné à « un bannissement perpétuel, depuis converti en une prison - à Pierre-Ancise : ce qui le ruina absolument. 11 avoit

• épousé la fille de M. Genou , conseiller en la grand'- « chambre. 1

Je suppose qu'il n'y ail que deux hommes sur la terre qui la possèdent seuls, et qui la partagent toute entre eux deux : je suis persuade qu'il leur naîtra bientôt quelque sujet de rupture, quand ce ne seroit que pour les limites.

48. 11 est souvent plus court et plus utile de cadrer aux autres, que de faire que les autres s'ajustent à nous '.

49. J'approche d'une petiie ville, et je suis déjà sur une hauteur d'où je la découvre. Elle est située à mi-côte; une rivière baigne ses murs, et coule ensuite dans une belle prairie; elle a une forêt épaisse qui la couvre des vents froids et de l'aquilon. Je la vois dans un jour si favorable que je compte ses tours et ses clochers : elle me paroît peinte sur le penchant de la colline. Je me récrie, et je dis : " Quel plaisir de vivre sous un si beau ciel et dans ce séjour si délicieux ! » Je descends dans la ville, où je n'ai pas couché deux nuits, que je rassemble à ceux qui l'habitent : j'en veux sortir.

50. Il y a une chose que l'on n'a point vue sous le ciel, et que selon toutes les apparences on ne verra jamais : c'est une petite ville qui n'est divisée en aucuns partis; où les familles sont unies, et où les

' B Un esprit droit a moins de peine de se soumettre aux esprits de travcr.s , que de les conduire. • (La Iîociie- FOUCAULD, Maxime 4'48.)

cousins se voient avec confiance ; oïl nu mariage n'engendre point une guerre civile; où la querelle des rangs ne se réveille pas ù tous moments par l'offrande, l'encens et le pain bénit, par les processions, et par les obsèques; d'où l'on a banni les caquets, le mensonge, et la médisance; où l'on voit parler ensemble le bailli et le président, les élus et les assesseurs ; où le doyen vit bien avec ses chanoines, où les chanoines ne dédaignent pas les chapelains, et où ceux-ci souffrent les chantres.

51. Les provinciaux elles sots sont toujours prêts à se fâcher, et à croire qu'on se moque d'eux, ou qu'on les méprise : il ne faut jamais hasarder la plaisanterie, même la plus douce et la plus permise, qu'avec des gens polis, ou qui ont de l'esprit.

52. Ou ne prime point avec les grands, ils se défendent par leur grandeur; ni avec les petits, ils vous repoussent par le qui-vive.

53. Tout ce qui est mérite se sent, se discerne, se devine réciproquement : si l'on vouloit être estimé, il faudroit vivre avec des peisonnes esiimables.

54. Celui qui est d'une éniinence au-dessus des autres qui le met ù couvert de la repartie, ne doit jamais faire imc raillerie piquante.

55. Il y a de petits défauts que l'on abandonne volontiers à la censure, et dont nous ne haïssons pas à être raillés; ce sont de pareils défauts que nous devons choisir pour railler les autres.

326 Di: LA SOCIETE

56. Rire des gens d'esprit, c'est le privilège des sots : ils sont dans le monde ce que les fous sont à la cour, je veux dire sans conséquence.

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