‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 19 sur 115 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DE l'iMPERTINF.KT, ou du DISEUn DE RIEN.

La sotie envie de discourir vient d une habitude qu'on a contractée de parler beaucoup et sans réflexion (1). Un homme qui veut parler, se trouvant assis proche d'une personne qu'il n'a jamais vue et qu'il ne connoît point, entre d abord en matière, l'cnirclient de sa femme, et lui fait son éloge, lui conic son sonjje, lui fait un lon{j détail d'un repas où il s'est trouvé, sans oublier le moindre mets ni un seul service. Il s'échauffe ensuite dans la conversation , déclame contre le temps présent, et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé (2), sur le grand nombre d'étrangers qui sont dans la ville • il dit qu'au printetnjis, où commencent les Bacchanales (3), la mer devient navigable; qu'un peu de ])luie seroit utile aux biens de la terre, et feroit espérer une bonne récolle; qu il cultivera son champ l'année prochaine, et qu'il le mettra en valeur; que le siècle est dur, et (ju'on a bien de la peine ;'i vivre. Il apprend ;i cet inconnu que c'est Daniij)pc qui a fait bn'ilcr la plus belle torche de-

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