CHAPITRE XXVIII
DK LA MÉDISANCE.
Je définis ainsi la médisance : une ponte secrète de l'ame à penser mal de tous les hommes, larpielle se manifeste par les paroles. Et pour ce qui concerne le médisant, voici ses mœurs : Si on l'interroge sur quelque autre, et que l'on lui demande quel est cet homme , il fait d'abord sa généalogie : « Son père, dit-il, s'appeloit Sosie (1), que l'on a connu dans le service, et parmi les troupes, sous le nom de Sosistrate ; il a été affranchi depuis ce temps, et reçu dans l'une des tribus de la ville (2) : pour sa mère, c'étoit une noble Thracienne; car les femmes de Thrace, ajoute-t-il , se piquent la plupart d'une ancienne noblesse (3) : celui-ci, né de si honnéles gens, est un scélérat qui ne mérite que le gibet. •■ Et retournant à la mère de cet homme qu'il peint avec de si belles couleurs (4) : « Elle est, poursuitil , de ces femmes qui épient sur les grands chemins (5) les jeunes gens au passage, et qui, pour ainsi dire, les enlèvent et les ravissent. » Dans ime compagnie où il se trouve quelqu'un qui parle mal d'une j)ersonnc absente, il relève la conversation :