‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 71 sur 115 · UE LA MÉDISANCE · texte numérisé non relu

UE LA MÉDISANCE

« Je suis, lui dii-il, de votre seniimenl; cet honiiiie in'csl odieux , et je ne le puis souffrir. Qu'il est insupportable par sa physionomie ! Y a-t-il un plus {jrand fripon et des manières plus extravagantes? Savez-vous combien il donne à sa femme (6) pour la dépense de chaque repas? Trois oboles (7), et rien davantage; et croiriez-vous que dans les rigueurs de l'hiver et au mois de décembre (8) , il l'oblige de se laver avec de l'eau froide? r. Si alors quelqu'un de ceux qui l'écoutent se lève et se relire, il parle de lui presque dans les mêmes termes (9). Nul de ses plus familiers amis* n'est épargne : les morts mêmes dans le tombeau ne trouvent pas un asile contre sa mauvaise langue (10).

* Le mot amis a été omis ou supprimé dans les tiois dernières éditions orifjinales.

NOTES

(1) C'étoit chez les Grecs un nom de valet ou d'esclave. {Note de La Bruyère.) Le grec porte : « Son père s'.ip- " peloit d'abord Sosie; dans les troupes il devint Sosi- « strate ; ensuite il fut inscrit dans une bourgade. » Le service militaire, quiind la république y appeloit des esclaves ou leur permettoit d'y entrer, étoit un moyen de s'affranchir, dit l'auteur du Voyage du jeune Anacharsis, chap. VI, sur des autorités anciennes.

(2) Le peuple d'Athènes étoit partagé en diverses tribus. .Vo(e de La Bruyère.) Le texte parle de bourgades , sur

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