DU GAIN SOIS DID E
L'homme qui aime le gain sordide emploie les moyens les plus vils pour gajjner ou pour épargner de l'argent (1). Il est capable d'épargner le pain dans ses repas; d'emprunter de l'argent à un étranger descendu chez lui (2); de dire, en servant ù table, qu'il est juste que celui qui distribue reçoive une portion double, et de se la donner sur-le-champ. S'il vend du vin, il y mêlera de l'eau, même pour son ami. 11 ne va au spectacle avec ses enfants ([ue lorsqu'il y a une représentation gratuiie. S'il est membre d'une ambassade, il laisse chez lui la somme que la ville lui a assignée pour les frais du voyage, et emprunte de l'argent à ses collègues : en chemin il charge son esclave d'un fardeau au-dessus de ses forces, et le nourrit moins bien que les autres : arrivé au lieu de sa destination, il se fait donner sa part des présents d hospitalité , pour la vendre. Pour se frotter d huile au bain, il dira à son esclave : "Celle que tu m'as achetée est rance « ; et il se servira île celle d'un autre. Si quelqu'un de sa maison trouve une petite mounoie de cuivre dans
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la rue, il en ilcmatulera sa part, en disant : "Mercure est commun. » Quand il donne son liahit ù blanchir, il en emprunte un autre d'un ami, et le porte jusqu'à ce qu'on le lui redemande , etc. Il distribue luimême les provisions aux jjens de sa maison avec une mesure trop petite (3), et dont le fond est bombé en dedans; encore a-t-il soin d'égaliser le dessus. Il se fait céder par ses amis, et comme si c'étoit pour lui, des choses qu'il revend ensuite avec profit. S'il a une dette de trente mines à payer, il manquera toujours quelques drachmes à la somme. Si ses enfants ont été indisposés et ont passé quelques jours du mois sans aller à l'école, il diminue le salaire du maître à proportion; et pendant le mois d'Anthestérion il ne les y envoie pas du tout, pour ne pas être obligé de payer un mois dont une grande partie se passe en spectacles (4). S'il retire une contribution d'un esclave (5), il exige un dédommagement pour la perte qu'éprouve la monnoie de cuivre. Quand son chargé d'affaires lui rend ses
comptes (ô) Quand il donne un repas à sa
curie , il demande , sur le service commun , une portion pour ses enfants, et note les moitiés de raves qui sont restées sur la table, afin que les esclaves qui lesdesscrvent ne puissent parlesprendre. S'il voyage avec des personnes de sa connoissance, il se sert de leurs esclaves, et loue pendant ce temps le sien , sans mettre en commun le prix qu'il en