AVERTISSEMENT
I n amateur d'autographes, M. Tarbé, îm-
primeur à Sens, a conservé jusqu'à sa mort une lettre authentique de La Bruyère, qu'il avait découverte parmi les papiers de Ménage.
En 1849, cette pièce intéressante, qui ne porte point de suscription , mais que son contenu démontre avoir été adressée au célèbre critique que nous venons de nommer, est devenue la propriété de M. le comte d'Hunolstein. M. Destailleur avant été autorisé à la publier dans ses éditions de La Bruyère, elle est, par cela même, entrée dans le domaine public; nous ia donnons ci-après sous le ii° xvui, p. 292.
Antérieurement à cette publication, il n'avait été imprimé que quatre lettres attribuées à La Bruyère. De ces quatre lettres, il en est
deux que les juges les plus compétents considèrent à bon droit comme apocryphes.
L'une, adressée à Fontenelle, a été publiée en fac-similé dans la Galerie française ou Collection de portraits des hommes et des femmes qui ont illustré la France dans les XVIe, XVIIe, et XVIIIe siècles, etc. Paris, Firmin Didot, 1821-1823, in-4°, où elle se trouve au tome II, p. 351. — Dans ce prétendu fac-similé tout est faux ; le faussaire ne connaissait évidemment ni l'écriture, ni la signature de La Bruyère, qui n'a jamais varié, soit sur les registres des paroisses de Paris, où elle se rencontre souvent, soit sur les minutes d'actes notariés que nous avons examinés.
Voici cette signature authentique de l'au-
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teur des Caractères, relevée sur un acte du 2 mai 1692, passé en l'étude du notaire Ghup-
pin; et qui. au temps présent, f.iit partie des minutes de Me Le Monnyer, titulaire actuel de la charge de Me Chuppin.
Malgré son défaut d'authenticité, nous avons reproduit ci-après sous le n° xxv, p. 312, la lettre à Fontenelle.
La seconde lettre apocryphe a été publiée en italien. C'est évidemment une réponse supposée à une autre lettre, également en italien, que son auteur, Gregorio Leti, a fabriquée pour se donner auprès du public la puérile satisfaction dîme illustre amitié. La fraude de Leti ressort de la date même qu'il a donnée à ses lettres (1678). Nous disons ses lettres, car elles sont bien siennes. A cette époque La Bruyère n'avait encore rien produit , il était complètement inconnu comme écrivain; et n'avait alors d'autre titre que celui de conseiller du Roi, trésorier de France à Caen , titre qu'il conservait encore, le 2 janvier 1683, comme le prouve sa signature au bas de l'acte de naissance1 ô" Elisabeth La Bruyère, sa nièce,
1 Archives de la Sainte-Chapelle.