DES CARACTERES DE LA DRUYERE
400. — C'est là qu'on sait parfaitement ne rien faire , ou faire très-peu de chose pour ceux que l'on estime beaucoup, ibicl. — Personne à la cour ne veut entamer; on veut appuyer, parce qu'on espère que nul n'entamera , 401. — Louanges qu'on y prodigue à celui qui obtient un nouveau poste, 402. — Deux manières d"y congédier son monde : se fâcher contre eux, ou faire qu'ils se fâchent contre vous, 403. — Pourquoi l'on y dit du bien de quelqu'un , ibid. — Il est aussi dangereux d'y faire les avances, qu'il est embarrassant de ne les point faire, ibid. — Il faut une vraie et naïve impudence pour y réussir, 405. — Brigues des cours , ibid. — Avidité des hommes de cour, 407. — Il faut des fripons à la cour auprès des grands et des ministres, nicnie les mieux inteniionnés, 410. — Pays où les joies sont visibles, mais fausses, et les chagrins caches, mais réels, 417. — La vie de la cour est un jeu sérieux, mélancolique, qui applique, 418. — Mœurs des gens de cour, 420. — On s'y trouve dupe de plus sot que soi , 427. — Qui a vu la cour a vu du monde ce qui est le plus beau, 430. — Qui méprise la cour après l'avoir vue méprise le monde, ibid. — Détrompe de la ville, et guérit de la cour, ibid. — Un esprit sain y puise le goût de la solitude et de la retraite, ibid. — A la cour, à la ville, mêmes passions , mêmes foiblesses , II, 26. — Deux sortes de gens y fleurissent, les libertins et les hypocrites, 283.
Courtisan. Rien qui enlaidisse certains courtisant, comme la présence du prince, I, 392. — Peu osent honorer le mérite qui est seul, 401. — Com])aré à une montre, 418. — Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu? 419. — Toute sa félicité consiste à voir le prince et à cire vu, 422. — Savoir parler aux rois, limites de la prudence et de la souplesse du courtisan , 423. — Autrefois^ libertin, aujourd'hui dévot, II, ^204. — Comment il peut être dévot sincère, 207.
Crime. Si la pauvreté est la mère des crimes, le défaut d'esprit en est le père, II, 72. — Il s'en faut peu que le crime heureux soit loué comme la vertu, 176.
Critique. Le plaisir de la critique nous ôie celui d'être vivement touchés de très-belles choses, I, 209. — C'est un métier où il faut plus d'habitude que de génie, 235. — Peut être dangereuse, 236.
Cure. Il tonne en chaire contre le moine qui confesse, II, 224. — Devroit prêcher lui-même ses ouailles, 225, 2:>6.
Curiosité. Inhumaine curiosité j)Our voir des malheureux, I, 408. — Sa définition, II, 188.
DES CARAGTEUES DE LA BRUYEIIE. 371
Décisif (ton). Emporte ia preuve de ce qu'on avance, I, 313. — La jeunesse est trop décisive ,
Dédain. Il va souvent ù l'encoiitre de ce qu'il recherche , 1 , 326.
Défauts. On est lent à pénétrer les siens, II, 95.
— Il coiite moins à certains hommes de s'enrichir de mille vertus que de se corriger d'un seul défaut, 101, 102. — Partent d'un vice de tempérament, 151. — Ceux des autres sont lourds, les nôtres ne pèsent pas, on ne les sent pas, lo2.
Défjoutter. Pressez, tordez certaines gens ensorcelés
de la faveur, ils dégouttent l'orgueil, l'arrogance,
la présomj)tion, I, 414 et suiv.
Dépendants. On veut des dépendants et qu'il n'en
coûte rien, I, 295.
Descartes. Malheureux et persécuté, contraste de
sa destinée avec celle des riches heureux, I, 357.
— Sa règle pour juger les choses devrait s'étendre aux personnes, II, 150.
Désirer. Lorsqu'on désire , on se rend à discrétion à celui de qui l'on espère, II, 74. — La vie se passe à désirer, ibid.
Despréaux. Ce qu'il a dit peut se redire, I, 237.
Devoirs. Réciprocité de devoirs entre le souverain et ses sujets, II, 51.
Dévot. Du faux dévot, II, 206, 207. — Le faux dévot ne croit pas en Dieu, 2^6.
Dévotion. Vient à c[uelques-uns , et surtout aux femmes, comme une passion, I, 270. — De la fausse, ibid. — La vraie fait supporter la vie, et rend la mort douce; on n'en lire pas tant de l'hypocrisie, II , 215.
Dieu. L'on doute de Dieu dans une pleine santé; quand Ion devient malade on croit en Dieu, II, 276, 277. — L'impossibilité de prouver que Dieu n'est pas découvre son existence , 279. — De l'existence de Dieu, 288 et suiv.
Dignités. Deux chemins pour y arriver, I, 205.
Dire. L'on dit les choses encore plus finement qu'on ne peut les écrire, I, 335.
Directeurs. Des défauts de quelques-uns, I, 267,
Discernement. De l'esprit de discernement , 11,156.
Discours. Le discours chrétien est devenu un spectacle, II, 257.
Disgrâce. Éieint les haines et les jalousies, II, 167,
Distinction. D'où les hommes en tirent le plus, I, 247-249.
Distraction. Caractère du distrait, II, 60.
Donner. Oublier (pi on a donné à ceux que l'on aime, I, 293. — Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à cpii 1 on vient de donner, 204.