SCÈNE VI
ARCIRE, ARISTOMÈNE, LÉONIDE, LEUXIS,
Gardes.
Arrête !
Arrache-lui ce fer. Vivez. Vous triomphez.
ARISTOMÈNE
Dieux !
ARCIRE.
Viens voir, par mes mains, deux monstres étouffés.
ARISTOMÈNE
Que dis-tu?
ARCIRE.
Je peignais à ce sénat féroce, De son dernier décret la barbarie atroce. Théonis le défend , et s'en nomme l'auteur. Je m'élance, et lui plonge un poignard dans le cœur.. Dracon veut le venger ; et l'excès de sa rage , Dans son égarement lui tient lieu de courage. Il vient à moi. Soudain du même bras frappé , Des ombres de la mort il tombe enveloppé. « Qui de vous prend ici la défense du crime ? « Qu'il se lève. Il sera ma troisième victime. » A ces mots (que l'effroi suit de près le remords!) J'ai vu tout leur parti , témoin de mes transports. Immobile , muet , enchaîné par la crainte. « De la justice encor la voix n'est pas éteinte , « Ai-je dit : sous vos yeux deux traîtres égorgés, « S'ils laissaient leurs pareils auraient été vengés. « Ils vous trompaient. Leur crime a reçu son salaire. « La foudre qui les frappe à la fin vous éclaire ; « Je vous vois confondus. Mais cette sainte horreur « D'un juste repentir n'est que lavant-coureur.
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«Complices (les mccliaiits, délniisiz leur ouvrage. 1 Dans le rœur de ce peuple ils ont soufflé leur rage; r Rendez-lui cet amour qu'il doit à son apjjui. i Ils l'ont pcrséiiiU; ; declarcz-vous pour lui. «Venez, et sans rougir d'un retour plein de gloire, 'f Dp vos deux eorrupleurs flétrissez la mémoire. « Du devoir il est lieau de ne jamais sortir; « Mais plus beau d'y rentrer avec le repentir. » On se lève, on me suit. Nous sortons tous ensemble. Le peuple autour de nous en foule se rassemble , Et t'entend proclamer par la voix du sénat L'appui, le défenseur, le vengeur de l'Etal. Je l'instruis en deux mots de tout ce qui se passe. Qui l'eût dit? à l'instant tout a changé de face : Tant il est dangereux, dans des Etats naissants, De laisser subsister des coupables puissants. Et tant le peuple, au gré de qui sait le conduire. Facilement se laisse éclairer ou séduire!
ARISTO M KNE.
Exemple des amis, quand tu fais tout pour moi , Est-il quelque retour qui m'acquitte envers toi? Unis jusqu'au tombeau , partage , ami fidèle , (^montrant Léonide. ) Avec moi ma fortune , et mon cœur avec elle. O mon fils! vous voyez le prix de la vertu. A ses pieds tôt ou tard le crime est abattu ; Mais de sa fermeté fùt-elle la victime. Sa chute est préférable au triomphe du crime.