ACTE I, SCENE III. ai
Pour combler nos malheurs que manque-t-il encore? Ce temple sert d'asyle aux plus vils des mortels; Nous seuls on nous poursuit jusqu'au pied des autels. Quel sort pour les enfants du maître du tonnerre! Tu règnes dans les cieux , nous rampons sur la terre. C'est trop long-temps gémir. Non , malheureux enfants ! De la honte des fers c'est moi qui vous défends.
DÉJANir. E.
Toi?
OLY MPIE.
L'excès du malheur nous rend tout légitime. Je serai dans ce temple et prêtresse et victime.
s T É N É L u s. Quoi , madame ! est-ce à vous de penser que le sort Ne vous laisse en ces lieux d'autre espoir que la mort !' Et quand même un vain peuple , en ses conseils timides , N'aurait pas la justice et la gloire pour guides, Me croiriez- vous injuste et faible comme lui? Non , tant que je respire il vous reste un appui. Mon père a sur le trône un devoir qui l'enchaîne ; Mais je suis affranchi de cette indigne gêne; Et j'ai quelques amis, qui ne rougiront pas D'imiter mon exemple et de suivre mes pas. Nous irons dans Argos faire pâlir le crime. La révolte assoupie aisément se ranime ; La haine qu'aux tyrans porte un peuple opprimé Est un brasier couvert, sous le trône enfermé. Il s'enflamme d'un souffle.
DÉ J AN IRE
Espérance inutile!
Dans mes malheurs Athène est mon dernier asyle. Tout le reste est soumis.
STÉNÉLUS.
A la nécessité.
Mais la vertu renaît avec la liberté.
ti/i LES IIKIl ACtJ DKS.
Ah ! dp notre ennemi l'ambassadeur s'avance. Je fre'mis. Viens, ma (ille, évitons sa présence. Courons vers mes enfants.
STÉNÉLUS.
Non. I.e roi va venir; Et c'est dans ce moment qu'il faut nous réunir, Madame : demeurez.