SCENE PREMIERE
DENYS, DIOIV, THÉODORE, PHILISTK , AMIDAS.
DEN YS
V>iiTOYENs, si dans l'âge où la force nous quitte.
Dans l'âge où la nature au repos nous invite ,
Je terminais ma course au ^ré de mon penchant,
Ma vie aurait du moins un paisible couchant.
Depuis que ma patrie agite'e , e'perdue ,
Se jeta dans les bras qui l'avaient défendue,
Et me sacrifiant sa triste liberté ,
A l'ombre de mes lois chercha sa sûreté ;
L'envie a , contre moi , dans le sein de ma ville ,
Nourri long-temps les feux de la guerre civile.
Je dus les étouffer; et la nécessité
Fit parler vos périls et taire ma bonté.
L'on put douter alors qu'un monarque sévère
Sous les traits d'un vengeur portât le cœur d'un père.
A la fin , grâce aux dieux , les esprits détrompés
Ont banni la frayeur qui les avait frappés ;
Et tranquille à-présent, mon heureuse vieillesse
N'aurait plus qu'à languir au sein de la mollesse.
Mais ce n'est pas pour moi que l'on m'a couronné;
Et de mille périls un peuple environné
Ne permet point encor que son roi se repose.
C'est donc à le servir que mon bras se dispose.