ACTE II, SCENE II. ii
Tu sauvais tes amis, et ta gloire, et l'État. Oui , ta gloire : à nos yeux ta frayeur l'a ternie. Est-ce à l'ami d'Hercule à fuir la tyrannie ? Ah! s'il osait m'en croire!...
1 OLAS.
Eh bien ! oui , je t'en croi.
Partons. En te suivant je n'expose que moi.
COPRKE.
Voilà ce qui du peuple a ralenti le zèle.
Il se voit soupçonné; peut-il être fidèle?
« Où sont-ils ces enfants qu'on me donne à venger,
« Dira-t-il ; et pourquoi cet asyle e'tranger ?
« N'est-ce pas moi sur-tout que leur salut regarde?
« N'ose-t-on les remettre en mes mains, sous ma garde?
" Et si de leur patrie on a désespéré ,
« Est-il , pour eux , au monde un asyle assuré ? »
Mais s'il voit dans son sein la famille d'Alcide
Lui dire , en défiant le fer de l'homicide :
« Je te préfère à tout, pour toi j'ai tout quitté;
« Je ne veux pour rempart que ta fidélité; »
De quel zèle animés les coeurs d'intelligence
Vont pour elle à l'instant respirer la vengeance!
Tu le verras, ce peuple, accourir sur tes pas,
Entourer ces enfants, les porter dans ses bras,
Et révérant d'un dieu les vivantes images,
Leur offrir a l'envi son sang et ses hommages.
Nos murs leur sont ouverts : ils n'ont qu'à s'y montrer;
Eurvsthée à jamais perd l'espoir d'v rentrer.
Chassé d'Argos , pressé par les armes d'Athène,
Abandonné des siens, sa ruine est certaine;
Et sur lui le fléau de la calamité
Expira de vos maux la longue impunité.
A ma franchise enfin tu dois me reconnaître ;
Tu vois quel soin m'anime, et que je suis....