‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 176 sur 563 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Me crovez-vous coupable eu voyant ma douleur? Est-ce ainsi que Méde'e a ])leuré son mallieur? Ah ! que ce doute horrible à vos yeux se dissipe , Athéniens. Daignez me jnger comme OEdipe. Errant , banni , privé du céleste flambeau , Il vint vous demander un asyle, un tombeau : Il l'obtint; et chez vous sa cendre révérée Est , contre les Thébains , votre garde assurée. Le crime environnait ce vieillard gémissant; Mais au fond de son cœur il était innocent. Pour asvle il choisit l'autel des Euméiiides; Il osa l'embrasser de ses mains parricides ; Et celles dont le crime irrite la fureur, Dans ce roi mallieureux firent grâce à l'erreur. J'ose vous demander à suivre son exemple. Ses juges sont les miens. Menez-moi dans leur temple; Et si j'ai pu former un barbare dessein , Je veux que leurs serpents me déchirent le sein. Je les attesterai , ces deités terribles ; J'appellerai sur moi leurs vengeances horribles , Hercule; et si mon cœur cessa de t'adorer, J'abandonne aux enfers leitr proie à dévorer.

CO P RÉE.

Coupable ou non, madame, il est temps de me suivre. Votre roi vous pardonne, et vous permet de vivre.

DÉJAMRE.

De vivre! Ah! l'inhumain! s'il a soif de mon sang, Que pour s'en assouvir il épuise mou flanc, Et qu'on sauve à ce prix le seul bien qui me reste : J'y consens, et c'est vous, grand dieu, que j'en atteste. Mais je veux te confondre , exécrable imposteur. D'un parricide en moi l'en redoute l'auteur, Et du dernier opprobre accablant ma misère , On veut voir mes enfants séparés de leur mère; Eh bien ! je m'en sépare , et loin d'eux pour toujours

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