‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 202 sur 563 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

Elle pardonne aux dieux , elle commande au sort , Enfin, comme en triomphe, elle court à la mort.

DÉ JANIIVE.

Elle ne mourra point. Non , il n'est pas possible Que le ciel la contemple et demeure inflexible : Il daignera pour elle adoucir ses décrets. Qu'a-t-elle fait aux dieux? Quoi! l'auguste Cérès , Quoi ! la divinité de l'amour maternelle, Oui redemande encore à la nuit éternelle L'unique et doux objet de sa tendre amitié , Pour ma fille et pour moi serait donc sans pitié ! Non , trop sensible , hélas ! pour être si sévère , Une mère plaindra les tourmetits d'une mère.

I O L AS

Au moins ce faible espoir n'est-il pas démenti : Et tant que le signal n'aura pas retenti....

D É J ANIRE.

Le signal !

lOLAS.

Écoutons.

DtJANIRE.

Ainsi du sacrifice Le signal du combat seia l'affreux indice?

I o LAS.

On l'attend.

DÉ J AN IRE

Je frissonne. Et s'il est entendu , De ma fille à l'autel le sang est répandu. Ah! je sens tout le mien se glacer dans mes veines,

lO L AS.

Les dieux n'ont fait souvent que des menaces vaines Et tout prêt à frapper leur bras s'est retenu.

DÉ J AN I RE

l'.st-il encor pour moi de supplice inconnu r*

>M LES HERACLIULS.

Chaque instant qui s'écoule accroît mon espérance.

chaque instant qui s'écoule ajoute à ma souffrance....

Quelques moments encore....

Hélas ! de mes tourment»

L'effroyable durée a-t-elle des moments?

I OLAS.

L'espérance adoucit le sort le plus ttrrihle.

D É J AN I R E

Mon espérance est faible , et ma crainte est horrible. Ciel! n'ai-je point dans l'air entendu quelque bruit i'

lO L AS.

Tout est calme.

DÉJANIRE

' Aux abois mon courage est réduit.

lOLAS.

Et qui sait si déjà la déesse appaisée ,

Et par les vœux d'Hercule et par ceux de Thésée,

Ne se contente pas d'un simple et pur encens,

Et n'aura pas fait grâce à des jours innocents?

Qui sait si votre lille à l'autel descendue ,

Par les dieux satisfaits ne vous est pas' rendue ?

Grands dieux! prenez ma vie, et daignez seulement, Pour l'embrasser encor, m'accorder un moment. Que ma fille respire et que je la revoie; Je consens à mourir de l'excès de ma joie ;

(Z,e h/uit des clairons se /ait entendre.) [Elle tombe évanouie. ) Ah!

1 OLAS.

C'en est fait.

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