I LI K
Vous ne trahirez ])oint un peuple qui vous aime , Romaines : les autels ont reçu votre foi. Ces liens sont sacrés.
AMiiLius, a part.
Le seront-ils pour toi ?
Seigneur, ne voulez-vous qu'une paix honorable? Remettez dans leurs mains l'olive favorable : Au-devant de la guerre elles vont s'avancer, Et retenir les traits qu'on est prêt à lancer. Mais à tous leurs devoirs également fidèles. S'il en faut trahir un , n'attendez plus rien d'elles.
AMUMUS.
Et vous, madame, et vous qui les encouragez,
Vous que Rome intéresse , et qui la protégez ,
Vous n'êtes point Romaine , et je crois reconnaître
En quel lieu , de quel sang le destin vous fit naître.
Rome est donc votre asyle ! et c'est par votre voix
Que la nature ici vient réclamer ses droits !
Mais vous-même à ses droits pcnsez-voiis que tout cède \
Qu'à son gré la clémence à la haine succède;
Qu'aux tendres noms de père , et de fils , et d'époux ,
Rien ne résiste au monde ?
ILIE.
En est-il de plus doux ?
En est-il de plus saints?
Soyez donc sans alarme.
La nature l'emporte et sa voix me désarme.
ILIE, vivement.
Ah! seigneur, aux Romains puis-je aller annoncer?..