ACTE III, SCÈNE III
Pour toi seul.... mais faut-il que je te les rappelle. Ces bienfaits , dont l'oubli m'aurait été si doux ?
AIR
Vous le savez, dieux que j'atteste , Si je veux survivre à mon sort- Le seul asyle qui me reste , Mon dernier espoir, c'est la mort.
( à Didon. ) Je vais , traînant par-tout ma chaîne , M'offrir à des dangers nouveaux; Et si j'emporte votre haine, Rien ne manque plus à mes maux.
DIDON
Qu'ai-je donc fait, cruel, à tes dieux, à toi-même, Pour déchirer un cœur qui t'aime ?
Ai-je embrasé les murs qui t'ont donné le jour? Ai-je eu part au crime d'Hélène ?
De vingt rois , dans l'Elide , ai-je allumé la haine ? Mon crime , hélas ! c'est mon amour.
AIR
Ah! prends pitié de ma faiblesse, Et du désespoir où je suis.
Qui consolera tocs ennuis , Si ta cruauté me délaisse ?
.T'en mourrai, tu n'en peux douter, Et cette mort sera sanglante.
Daigne au moins, ah ! daigne écouter Les derniers soupirs d'une amante, Que pour jamais tu vas quitter.
ÉNÉ E
Dans ce cœur malheureux que ne pouvez- vous lire "
364 DIDON