I) I DON
iVon, je le vois, Ion tceur n'a jiliis rien à me dire. Eh bien ! je me soumets à mon sort rigoureux. Oui, je sens qu'un héros se doit aux vœux du monde. La gloire , la grandeur promise à vos neveux , Tout impose silence à ma douleur profonde. Remplissez vos destins, j'y consens, je le veux; Mais du moins attendez un vent qui vous seconde. Sous le couj) qui me Irappe accablée aujourd'hui. Contre un malheur si grand j'ai besoin d'assistance :
Ne me laissez pas sans appui.
"Votre invincible cœur m'enseigne la constance;
Et je veux l'apprendre de lui.
ÉNÉE
Didon , plus je diffère, et plus le mal augmente. IS'attirons pas sur nous la colère d'un dieu.
DIDON
Eh quoi ! vous refusez aux larmes d'une amante (Quelques jours, que va suivre un éternel adieu!
ÉNÉE
Laissez-moi le malheur qui me suit en tout lieu. DI DO >'.
Va, pour ta course vagabonde,
Hâte-toi de tout préparer.
Remonte sur ces mers, qui nous vont séparer; Va chercher l'Italie, errant au gré de l'onde. Il saura me venger, ce pertide élément. Triste jouet des flots, des vents et de l'orage. Environné d'écueils, menacé du naufrage, Tu te repentiras, dans ce fatal moment, D'avoir abandonné le tranquille rivage , Où l'amour t'aurait fait un destin si charmant! Tu nommeras Didon, présente à ta pensée ; Tu gémiras , ingrat , de l'avoir offensée ;
Tu l'appelleras vainement.