ACTE III, SCÈNE V. i^B
Si vous ne voulez que j'expire.
A z o R , se relevant.
Vivez. C'est à moi d'expirer, Si vous refusez de m'entendre.
z É M I R E , à part.
Comme il a l'air craintif! quelle voix douce et tendre. (d'un air timide. ) N'allez-vous pas me dévorer?
AZ o R.
Qui? moi ! je veux passer ma vie A vous plaire , à vous adorer.
De vous faire aucun mal je n'eus jamais l'envie, z É M I R E , se levant.
Je commence à me rassurer.
AZOR
Du moment qu'on aime , L'on devient si doux !
Et je suis moi-même Plus tremblant que vous.
Eh quoi ! vous craignez L'esclave timide Sur qui vous régnez !
N'ayez plus de ])eur :
La haine homicide Est loin de mon cœur.
Du moment , etc.
z É M I R E , à part.
Je ne puis revenir de mon étonnement.
Quelle figure horrible! et quel charmant langage! Non , cette voix-là sûrement N'annonce pas un cœur sauvage; Et sa laideur sans doute est un enchantement.
440 ZEMIRE ET AZOR.