ACTE III, SCENE V. A^i
AZOR
Vous en aimerez la culture.
Si quelquefois, par grâce, à vos amusements. Vous daignez consentir que l'amitié se joigne, Vous lui ferez passer de bienheureux moments !
Si vous voulez qu'elle s'éloigne , Je m'en refuserai les tendres mouvements.
ZÉM 1 RE.
Mais mon père ? mes sœurs ?
AZOR, vivement.
Je suis riche ; et j'espère ,
A force de bienfaits , consoler votre père.
Qu'il forme des souhaits , je les accomplirai :
Je doterai vos sœurs , je les établirai.
Ils ont perdu leurs biens; je les en dédommage. Et ceux dont je les comblerai Seront encore un faible hommage ,
Trop peu digne de celle à qui je le rendrai.
ZÉMI RE.
Mais.... vous m'attendrissez on ne peut davantage.
AZOR
Ah ! Zémire !
ZÉMIRE
A vous voir j'accoutume mes yeux.
Eh bien ! commencez donc à vous plaire en ces lieux. Vous chantez, je le sais, vous chantez à merveille. En parlant, votre voix touche, émeut tous mes sensj
Ah ! quel charme pour mon oreille
D'entendre éclater vos accents !
ZÉMIRE
Si vous désirez que je chante , Je chanterai.
AZOR
Quelle bonté touchante!
44« ZEMIRE ET AZOR.
Z ÉM I RE
jin.
La faiiveltc , avec ses petits, Se croit la reine du bocage :
De leur réveil , par son ramage , Tous les échos sont avertis.
Sa naissante famille
Autour d'elle sautille.
Voltige et prend l'essor;
Rassembles sous son aile.
De leur amour pour elle
Son cœur jouit encor.
Mais par malheur Vient l'oiseleur, Qui lui ravit son espérance.
La pauvre mère ! elle ne pense
Qu'à son malheur.
Tout retentit de sa douleur.
AZOR
Vos chants pour moi sont une plainte; Hélas! je ne puis rc'ussir A calmer les regrets dont votre ame est atteinte, Isc puis -je au moins les adoucir?
z É M IRK.
Vous le pouvez.
AZOR
Comment? parlez : que faut-il faire?
Me laisser voir encore et mes sœurs et mon père.
AZOR
Autant que je le Y)uis , je vais vous obéir;
Et vous m'en punirez peut-être.
Dans un tableau magique ils vont ici paraître; Mais si vous approchez, tout ya s'évanouir.