‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 45 sur 563 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ARÉTIE, seule.

Oui , fais orner l'autel, et qu'enfin tout s'expie. Dieux ! qui serez témoins de cette fcte impie , Pardonnez si je fais servir à mes desseins Le gage solennel des serments les plus saints.

Théâtre. I. ^

C'est au piotl des autels que doit périr le crime.

Il n'est point , à vos yeux , de plus chère victime.

Et que sont, devant vous, ces ofFrandes de paix.

Ces vils troupeaux , chargés des maux qu'ils n'ont point faits!*

C'est le sang des tvrans sacrilèges et traîtres

Qui doit couler, grands dieux ! sous le fer de vos prêtres.

Nos vœux sont exaucés quand l'autel en est teint.

C'est dans ce sang impur que la foudre s'éteint.

Vains projets ! si sa tète échappe à ma colère ,

Je livre à sa vengeance et son fils et mon père.

Dieux ! dans ce grand dessein prêtez-moi votre appui

La mort ne put jamais pénétrer jusqu'à lui.

A la trahison même il est inaccessible.

N'importe; et c'est à moi de tenter.... l'impossible.

Le crime même est juste en cette extrémité.

Et le Ciel permet tout à ma témérité. •

D'ennemis du tyran cette cour est remplie :

A ce maître abhorré l'intérêt seul les lie;

Et j'en puis gagner un à force de bienfaits.

Pour se détruire entre eux les scélérats sont faits.

SCÈ>E VI.

DIO>, ARETIE.

DION

Ma tille, il faut céder. Cette haute entreprise,

A des temps plus heureux pour toi seule est remise.

Ce peuple à ton salut a préféré tes jours.

A RKT lE.

Et pourquoi l'informer du péril que je cours? Quand il peut s'affranchir d'un cruel esclavage. Est-il temps de trembler pour le sort d'un otage? Vous qui me connaissiez, mon père, doutiez-vouâ Que d'un si beau trépas mon cœur ne fxit jaloux?

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