SCENE VII. G^jç
LIN V A L
Ciel! qu'entends-j(>?
DO R I MO N
Ijii autre sera Plus hardi que toi, plus habile; Un autre enlin l'épousera.
L 1 N V AL
Ah ! si c'est la votre vengeance , Vous serez obéi.
Non, tu m'as refusé.
LIN VAL
Rien au inonde n'est plus aisé ; Et Lucette avec nous sera dintelligeuce.
,- ■■ Tu crois donc avoir son aveu ?
Mais, j'y ferai tout mon possible.
Il faudrait pour cela, l'aimer toi-même un peu.
L 1 N v AL.
oh! moi, vous le savez, j'ai le cœur si sensible!
DOR I M ON
Et lui persuader que le don de sa maiu Ne dépend que d'elle.
LINV A L.
Oui , laissez, laissez-moi faire.
Mais à se décider crois-tu qu'elle diffère ?
LINV AL.
Tenez , si vous voulez , tout sera fait demain. D o R I M o N.
Demain? C'est bien lard!
LINV AL.
Ce soir même j
êSà l.k FAUSSE MAGIE
On m'aimait à la folie.
Fil bien , Ton ne m'aitne plus.
Faut-il que je me désole?
Non, non. l.c temps qui s'envole.
Rit de nos vœux .superflus.
En conscience, etc.
no R I M ON.
Et voilà, voilà de mes femmes.
On n'en fait j)liis; c'est du bon temps.
MADAME s A I N T - C I, A I R .
Le temps ne vieillit point les âmes; On peut, quand on est sage, être jeune à cent ans.
DOR I M o N.
C'est bien dit : Soyons sage. Allons, plus de dispute. Mais je veux que Dalin , comme moi , s'exécute.
Qu'à sa nièce il rende son bien ;
.Te donne à Linval tout le mien.
MADAME SAINT- CLAIR
Et le mien , n'est-il pas à ma chère Lucette ? Il lui fut promis au berceau.
D'abord , je ferai son trousseau , Et dans quelque temps sa layette.
Mais, jeune homme, souvenez-vous Que vous seriez indigne d'elle, Si des amants et des époux, Tous n'étiez pas le j)lus fidèle.
Ah , Dieu ! j'en serai le modèle.
M A D A JH E s A I N T - C I. A 1 R .
^ Vous auriez à faire à moi ,
Si vous lui manquiez de foi.
Gardez-vous , gardez-vous d'alb-r prendre Les faux airs de nos francs étourdis ;
SCElNfE IX. 663
Car, tenez, c'est moi qui vous le dis : Si ce cœur innocent, doux et tendre, Si ce cœur s'était laissé surprendre , Le trompeur aurait affaire à moi.
Gardez-vous de lui manquer de foi.
Ma Lucelte est si touchante !
C'est comme une jeune plante
Qui cherche un appui loger.
Mais n'allez pas l'affliger;
C'est moi qui serais méchante.
Vous auriez affaire à moi ,
Si vous lui manquiez de foi.