SCÈNE II
ARISTOMÈNE, ARCIRE, LÉARQl'E, THÉO>IS, DRAGON, et autres Sénateurs.
ARISTOMKNE.
Qu'il m'est doux, mes amis, d'entendre à mon retour
Éclater de ce peuple et la joie et l'amour!
De revoir cette ville, à nos tyrans fatale,
Leur esclave autrefois, aujourd'hui leur rivale;
Ce temple de nos lois et de la liberté,
Où nos antiques mœurs ont repris leur fierté;
Ces dieux, qui de nos murs chassant la tyrannie,
Ont , d'un peuple abattu , relevé le génie !
Oui, ce peuple, vengé des maux qu'il a soufferts.
Peut rendre grâce aux dieux d'avoir brisé ses fers.
Il aura des amis ; et leur foi m'est donnée.
J'ai passé du Stvmphale aux rives du Pénée ;
Et par-tout, à la voix de votre ambassadeur.
J'ai vu, pour vous défendre, éclater même ardeur.
Par-tout l'orgueil de Sparte inspire de la haine ;
Par-tout on s'attendrit sur le sort de Messène;
Par-tout on ap])laudit à son ressentiment.
Qui sait intéresser persuade aisément.
J'ai dit, sous nos tyrans, quel était l'esclavage;
Quel était leur génie et leur vertu sauvage.