LÉ A R Q U E
Ton espoir est fondé , je le crois. Mais, hélas ! Le courage a des yeux que la crainte n'a pas.
Le crainte! et parmi vous qui l'a donc répandue?
Je sais comme on rallie une foule éperdue.
Mais ce peuple est tranquille; et loin de s'alarmer,
D'une audace nouvelle il paraît s'animer :
Je ne vois qu'au sénat la tristesse et le trouble.
iju'est-il donc arrivé? Le silence redouble!
Qui peut de la concorde affaiblir les liens?
Est-ce un vil intérêt? Disposez de mes biens.
Est-ce la haine? Il faut haïr la tyrannie,
Et que toute autre haine à jamais soit bannie.
Est-ce l'envie enfin ? Si quelqu'un parmi vous
Du pouvoir qu'on me laisse est devenu jaloux,
Il peut se déclarer : à ses vœux je conspire ;
Et le rang de soldat est le seul où j'asjjire.
LÉ ARQUE.
Ah! qu'il va t'en coûter pour servir des ingrats!
Léarque , s'il en est, je ne les connais pas.
Mais Thésée et Codrns, ces bienfaiteurs d'Athène,
N'ont-ils pas soutenu les assauts de la haine?