‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 103 sur 162 · LIVRE X V · texte numérisé non relu

LIVRE X V

si, une fois en délibération et en communauté avec le tiers-état, ils se voyaient enveloppés du parti populaire , il était à craindre qu'ils n'y restassent; et c'était ce premier abord qu'on voulait éviter. Mais le seul moyen d'empêcher la désertion aurait été de la rendre honteuse et déshonorante dans l'opinion publique, en se donnant un caractère de franchise et de loyauté qui ne laissât aucun prétexte à la bassesse des transfuges. Des commissaires concdiateurs furent nommés par les trois ordres , et de leurs conférences il ne résulta rien.

Un monarque , plus occupé de lui-même que de l'État, et qui, jaloux de sa puissance, aurait vu qu'on venait au moins la restreindre et la subjuguer, aurait laissé les ordres se fatiguer de leurs débats, et la discorde rebuter et dissoudre cette dangereuse assemblée ; mais le roi qui voulait sincèrement le -bien public, espérant engager les ordres à l'opérer de concert avec lui, ne craignait rien tant que de les voir se séparer, et avec la même bonne foi qu'il les avait appelés à son aide, il cherchait les moyens de les concilier, les pressant, de tout son amour, d'y donner leur consentement.

Le clergé accepta la médiation du roi. La noblesse, se défiant des conseils du ministre, ne donna son consentement qu'avec des' restrictions qui valaient un refus. Le tiers se dispensa de répondre à l'offre du roi , attendu , disait-il , que

la noblesse modifiant par des réserves Tacquiescement qu'elle y semblait donner, ce ne pouvait plus s'appeler un moyen conciliatoire. Le clergé sentait sa faiblesse; la noblesse prit son courage pour de la force ; le tiers sentit la sienne , il en usa , et il en abusa.

L'arrêté qu'il prit le lo juin à la presqu'unanimité, fut de terminer des délais inutiles, et de passer de l'attente à l'action , toutefois après avoir fait une dernière tentative et de nouvelles instances au clergé et à la noblesse, d'assister et de concourir à la vérification des pouvoirs, en les avertissant qu'on y procéderait tant en l'absence qu'en présence des classes privilégiées. On ajouta que les communes exposeraient au roi les motifs de cette grande délibération.

Le nom de communes que le tiers avait pris , et le nom de classes qu'il donnait aux tleux premiers ordres , annonçait qu'il ne voulait plus entre eux et lui de distinction de grades; ainsi, pour la noblesse et le clergé, plus de milieu à prendre ni de délai à obtenir. Il fallait ou se réunir au tiers, comme ils l'ont fait depuis, ou, après la vérification des pouvoirs faite en comnuui, se retirer cbacuu des deux ordres de son coté, se constituer l'un et l'autre parties intégrantes des états- généraux; fjiire d'eux-mêmes au bien public les plus généreux sacrifices, se déclarer soumis aux impositions dans la plus exacte équité, reconnaître fobligalioii de garaii-

tir la dette nationale et de subvenir anx besoins de l'Etat, tenir pour abolie la servitude personnelle, accorder le rachat de tous les droits onéreux au peuple ; améliorer le sort du clergé inférieur, consacrer les principes d'égalité devant la loi, de propriété, de sûreté personnelle et publique, de tolérance à l'égard des cultes; du reste professer un inviolable attachement aux principes fondamentaux de la monarchie française ; porter au pied du trône et signifier au tiers-état ses engagements solennels , et demander sur tout le reste la délibération par chambre , en réservant au roi le droit inaliénable d'accorder ou de refuser sa sanction aux décrets des états ; en même temps protester contre tous les actes qui les supposeraient absents ; déclarer nuls tous ceux qui les engageraient sans le concours de leurs suffrages, publier ces résolutions; et d'après celles des communes, opérer avec elles; ou, si le tiers s'y refusait, se retirer avec la dignité convenable à des hommes qui auraient rempli leur tâche et fait librement leur devoir. Leur conduite, manifestée dans les provinces , y aurait rendu odieuse l'ambition du tiers; d'autant que la chaire évangélique n'était pas encore interdite à la vérité courageuse, et qu'elle y aurait pu retentir. Cet heureux moment fut perdu.

La noblesse se constitua , mais se tint sur la défensive. Le clergé crut pouvoir garder une neutralité simulée. Il attendit ^ dit Tolendal , qu'il y eût un vainqueur pour se faire un alliée

Depuis leur an ('le du lo, les communes s'étaient occupées à vérifier leurs pouvoirs. Cctlc opération finie, ayant jugé que l'œuvre de la restauration nationale pouvait et devait être commencée sans retard par les députés présents, il fut décrété (le i5 juin) de la suivre sans interruption, sans obstacle; et néanmoins que, si les députés absents se présentaient duraul le cours de la session (jui allait s'ouvrir, l'assemblée les recevrait avec joie , et s'empresserait , après la vérification de leurs pouvoirs, de partager avec eux ses travaux, On eut soin (fajoutcr que la représentation nationale serait une et indivisible; et (|u'il n'appartiendrait qu'à des représentants, légalement vérifiés et légitimement reconnus, de concourir à former le vœu national.

Il ne s'agissait plus cjue de savoir quel nom l'assemblée se donnerait. Celui d'asscmhlée nationale, le plus ambitieux de tous, fut celui c[u'elle préféra (le 17 juin); et ceux qui n'étaient pas d'avis que les communes usurpassent le titre de nation, furent inscrits sur une liste qu'on fil circuler dans Paris : forme de dénonciation qui, depuis, a été mortelle à la liberté des suffiagcs.

Le second acte de la toute-puissance que les communes s'attribuèrent, (ul de déclarer nulles toutes les contributions qui avaient existé jus- (ju'alors, et de poser en principe que, pour le passé même, il avait fallu, non pas l'assentiment tacite, mais lo consentement formel de la na~ tion , pour légilinier les impôts.

Dès ce moment , le ministère devait tenir le roi en garde contre cette usurpation de puissance, et l'engager à rompre une assemblée factieuse , comme excédant les bornes de ses fonctions, et comme s'arrogeant un pouvoir qu'elle n'avait pas.

Mais le conseil , bien loin d'être en état de prendre une résolution, n'avait pas même un plan de conduite et de résistance. Je tiens de l'un des hommes qui, dans cette assemblée, ont montré le plus de courage , de lumières et de talents ; je liens de Malouet, qu'ayant lui-même un jour demandé à Necker, en présence de deux autres ministres, si, contre les attaques dont le trône était menacé , il avait un plan de défense , Necker lui répondit qu'il n'en avait aucun. S'il est ainsi, répondit Malouet, tout est perdu.

Necker n'était déjà plus le ministre que demandaient les circonstances. Il avait engagé l'État dans un détroit , et parmi des écueils dont il ne sut point le tirer.

Cependant il ne put dissimuler au roi que l'assemblée s'arrogeait une puissance exorbitante; et ce fut pour la contenir que , le 20 du mois , fut proclamée, pour le 22, une séance royale. Jusque-là il fut ordonné que les salles seraient fermées , et que les états vaqueraient. Faible •moyen pour empêcher la réunion d'une partie du clergé avec les communes ; car on en était menacé.

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La cour et le conseil étaient remplis d'agitation. La noblesse et le haut clergé voyaient leur ruine prochaine si le roi les abandonnait, et lui demandaient son appui. Il fut donc résolu dans le conseil cpie le roi irait en personne marquer aux députés du peuple les limites de leurs pouvoirs; les engager à la concorde, au nom du salut de l'Etat, et pour y concourir, manifester lui-même ses intentions bienfaisantes.

Cette déclaration à rédiger demandait beaucoup de prudence. Il fallait éviter, comme deux écueils, de céder aux communes et de les soulever. Necker, chargé de ce travail, s'appliqua, selon ses principes, à tempérer sans l'affaiblir le caractère de l'autorité; à ne rien faire vouloir au roi qu-i ne fût juste et désirable, et à concilier ce qui appartenait à la majesté du monarque avec ce qui lui semblait dû à la dignité des représentants de la nation. Son travail fut d'abord adopté; mais, en son absence, et dans un conseil qui se tint à Marly, on y ht quelques altérations légères, à ce qu'on assure, mais telles, m'a-t-il dit luimême, que la déclaration ne pouvait plus avoir l'effet qu'on s'était proposé.

Quel qu'eût été le changement que je n'ai jni vérifier, il est certain que le discours manquait d'ensemble, et qu'il allait mal à son but.

Le 9.0, l'ordre (le la noblesse avait obtenu (hi roi une audience, dans laquelle son président, le duc de Ltixemlxjurg, portant la parole : « Sire,

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lui avait -il dit, les députés de l'ordre du tiersétat out cru pouvoir coucentrer en eux seuls l'autorité des états -généraux. Sans attendre le concours des deux autres ordres et la sanction de votre majesté, ils ont cru pouvoir convertir leurs décrets eri^Jois. Ils en ont ordonné l'impression et l'envoi dans les provinces. Ils ont déclaré nulles et illégales les contributions actuellement existantes. Ils les ont consenties provisoirement pour la nation, mais en limitant leur durée ; ils ont pensé sans doute pouvoir s'attribuer les droits réunis du roi et des trois ordres. C'est entre les mains de votre majesté que nous déposons nos protestations à de pareilles entreprises. ))

La noblesse ajoutait les assurances les plus fortes de zèle , de fidélité , de courage et de dévouement.

« Je connais, répondit le roi, les droits attachés à ma naissance ; je saurai les défendre ; je saurai maintenir, pour l'intérêt de tous mes sujets, l'autorité qui m'est confiée, et je ne permettrai jamais qu'on l'altère. Je compte sur votre zèle pour la patrie, sur votre attachement à ma personne ; et j'attends avec confiance de votre fidélité que vous adopterez les vues de conciliation dont je suis occupé pour le bonheur de mes peuples. »

Et la harangue et la réponse supposaient des mesures et des moyens dont il eût fallu s'assu-

3 I (> At r :\! O I R I. .s.

ler. On oublia trop cette maxime, que I autorité

(jui s'expose à montrer sa fail)lessc achève de

s'anéantir.

En attendant la séance royale, les communes irayanl aucun endroit décent où s'assembler j^rircnt le premier qui s'offrit. Ce fut un jeu de paume, rendu célèbre par le serment qu'elles y prononcèrent de ne jamais être séj)arées , et de se rassembler par- tout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la constitution du royaume et la régénération de l'ordre fut rétablie et affermie sur des bases solides. On était loin de s'être mis en garde contre ces actes de vigueur.

La séance annoncée pour le lundi u-^ ayant été remise au lendemain, l'assemblée se transféra du jeu de paume dans l'église de Saint-Louis, sans doute afin que la sainteté du lieu donnât un caractère plus imposant à ce qui allait s'y passer.

A peine fut-elle établie, que les portes du sanctuaire s'étant ouvertes, elle en vit sortir et s'avancer au milieu d'elle les archevêques de Bor- <leaux et de Vienne, révèc[ue de Chartres et celui de Rhodez à la tète de cent quarante -cinq députés du clergé. Les communes les reçurent avec une joie de sacrificateurs à qui on amenait des victimes; et le peuple qui remplissait l'église sembla vouloir, en les applaudissant, achever de les étourdir sur le sort qui les attendait. Le corps des comuiuncs grossi de ce renfort redoidjla d as--

siirance et de résolution pour la séance du lendemain.

Necker se dispensa d'y accompagner le roi. Je dois, sans l'approuver, expliquer le motif d'une conduite si étransfe. Il avait soutenu ouvertement, dans le conseil, que la réunion des trois chambres en une seule était inévitable, et qu'il y aurait à la différer le plus grand danger pour l'État; qu'on devait voir que les communes étaient irrévocablement décidées à ne pas reconnaître la délibération par ordre, et que l'autorité du roi serait inutilement compromise à les y contraindre; que, si la résistance était la même du côté des deux premiers ordres, il en arriverait ou que les états seraient tenus sans leur concours , ou qu'ils seraient dissous ; que l'un entraînerait la ruine du clergé et de la noblesse , et l'autre celle du royaume; que, dans l'épuisement de toutes les ressources, on touchait au moment fatal où les paiements même les plus instamment exigibles , ceux du trésor royal , ceux de l'hotelde-ville, le prêt même des troupes, la subsistance de Paris , tant allait manquer ; que la famine , la banqueroute , peut-être la guerre civile , menaçaient le royaume, si les états éîaient rompus, ou n'étaient pas incessamment d'accord; et après avoir frappé le roi et le conseil de ces vérités alarmantes, il leur avait fait adopter une déclaration où il avait tâché de ménager en même temps la dignité royale et la fierté républicaine.

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Or, c'était là sur -tout ce qu'on avait changé dans la déclaratii^n. Ou avait supposé comme j)rincipe incontestable ce qui serait le plus vivement contesté; on y avait fait vouloir au roi tout <e que voulait la noblesse; on lui faisait annuler ou défendre tout ce qu'elle ne voulait pas. C'était lui supposer et la puissance actuelle et la ferme résolution de rompre et de dissoudre surle-champ l'assemblée en cas de résistance à son autorité. Or, l'une était aussi chancelante que l'autre. La banqueroute et la guerre civile étaient comme deux spectres qui épouvantaient le roi.

Necker ayant donc appris que son ouvrage était changé, et qu'on mettait aux prises l'autorité royale avec la liberté publique, crut devoir s'abstenir de paraître à cette séance, où sa présence eût laissé croire qu'il adhérait à ce qui s'était fait malgré lui. Sa conduite a fait dire aux uns qu'il avait voulu attirer à lui seul la faveur du peuple; aux autres qu'il avait donné le signal de la rébellion, et aux plus modérés, qu'uniquement occupé de sa réputation, il avait tout sacrifié à son intérêt personnel.

La déclaration fut lue à l'assemblée en présence du roi, et l'on n'eut pas de peine à y reconnaître deux caractères incohérents. Elle était divisée en deux parties. Dans la première se déployait , comme je l'ai dit, le pouvoir le plus absolu. Dans l'autre, et à la suite de ces formules de despotisme déjà trop rigoureusement em-

ployées dans les lits de justice, venait un exposé touchant des bonnes intentions du roi , et des mesures qu'il voulait prendre pour produire et pour assurer la prospérité du royaume; et après avoir appelé les états-généraux à s'occuper avec lui des grands objets d'utilité publique, le roi voulait que toutes les lois qu'il aurait sanctionnées dans la tenue actuelle des états ne pussent jamais être changées sans le consentement des ordres réunis. Seulement à l'égard de la force publique, protectrice de l'ordre et de la sûreté, soit au-dedans, soit au-dchors, il déclarait expressément qu'il voulait conserver en son entier, et sans la moindre altération , l'institution de l'armée, ainsi que toute autorité de police et de discipline sur le militaire, telle que les monarques français en avaient constamment joui.

Si les états avaient voulu devoir au roi une monarchie réglée et tempérée , le roi la leur donnait ; mais ils ne croyaient pas digne d'eux de la tenir de lui, et quelle que fut la nouvelle constitution qu'ils n'avaient pas méditée encore, ils entendaient qu'elle fût leur ouvrage et non pas un bienfait du roi. Ainsi toute l'attention des esprits se porta sur la partie de la déclaration qui rappelait le pouvoir arbitraire. Ce qu'on y avait ajouté de plus doux et de plus sensible fut regardé comme un appât pour amorcer l'obéissance , et comme un faible et vain palliatif à des actes de despotisme que le roi venait exercer.

Les comniiiiies furent snr-toul l)lessées de cette conclusion du roi, lorsque, preuaul liii-inèine la parole, il dit :

« Vous venez, messieurs, (Teuteudre le résultat de mes dispositions et de mes vues. Elles sont conformes au vif désir que j'ai d'opérer le Lien public; et si, j)ar une fatalité qui est loin de ma pensée, vous m'abandonniez dans luie si belle entreprise, seul je ferai le bien de mes peuples; seul je me considérerai comme leur véritable représentant, et connaissant vos cabiers, coiuiaissant l'accord parfait qui existe entre le vœu le plus général de la nation et mes intentions bienfaisantes, j'aurai toute la confiance (pie doit inspirer une si rare liarmonie, et je marclierai vers le but auquel je veux atteindre avec tout le courage et la fermeté que je dois avoir C'est moi

jusqu'à-présent qui fais tout pour le bonlieur de mes peuples, et il est rare peut-être que l'unicjue ambition d'un souverain soit d'obtenir de ses sujets qu'ils s'entendent enfin pour accepter ses bienfaits. «

Ce ton d'autorité, ces mots de souverain, de sujets^ de bienfaits parurent offensants pour des oreilles répul)licaines, et quand le roi finit par ordonner aux trois ordres de se retirer chacun dans leur chambre, la résolution tacite des communes fut de ne pas lui obéir. Ainsi fut perdu tout le fruit des bonnes volontés du roi, et la discorde s'accrut dans une séance destinée à l'étouffer.

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La séance finie, les communes, clans un silence respectueux, mais sombre, laissèrent l'ordre de la noblesse accompagner le roi , et se tinrent dans cette salle, qui, dès ce moment, fut la leur. Inutilement de la part du roi lem^ ordonna-t-on d'en sortir. Là même et sur-le-ciiamp il fut résolu de persister dans leurs précédents arrêtés, et celui-ci fut pris tout d'une voix. En même temps on décréta que la personne des députés serait inviolable, qu'auciui d'eux, pour ce qu'il aurait dit ou fait dans l'assemblée, ne pourrait être poursuivi , arrêté , détenu par le pouvoir exécutif, ni durant, ni après la session; ce décret déclarant infâmes et traîtres envers la patrie les auteurs, instigateurs ou exécuteurs de pareils attentats. On y ajouta que , durant la session , la personne des députés serait à l'abri de toute poursuite criminelle et même civile , à moins que l'assemblée ne fit cesser l'exemption. L'avis en fut ouvert par Mirabeau, homme intéressé plus que personne à mettre une barrière entre les lois et lui.

Un peuple nombreux , envoyé de Paris à Versailles, avait environné la salle des états durant la séance royale. Il l'entourait encore lorsqu'on lui apprit que Necker allait demander sa retraite. Ce bruit était fondé.

Le roi , frappé d'étonnement de n'avoir pas vu à sa suite le ministre des finances, et plus surpris encore de ne pas le trouver dans le palais à

Mémoires. H. ^ I

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son retour, wwni (Iciiuiiuh' ;ivec inquictiidc a Montmorin si Necker voulait le quitter; et Montlîiorin lui avant fait entendre (|u il le eiovail , le roi lavait eliargé d aller lui dire qu il 1 al tendait.

Ce fut à sept heures du soir, dans le moment où Necker était enfermé seul avee le roi, rpie le peuple inonda les cours et l'intérieur du palais, en criant que le roi était trompé, et que le peuple redemandait M. Necker.

L'entretien du roi avec son ministre duin unr heure entière. Le peuple en attendit l'issue Enfin il vit partir le roi pour Trianon, sans le saluer de ce cri de và'e le roi! qii il méritait si bien ; et l'instant d'après , il vit Necker descendre l'escalier et monter dans sa chaise. Ce fut pour lui qu'en ce moment éclatèrent les vœux et les bénédictions. On a reproché au ministre d'avoir voulu jouir de son triomphe, et il est \rai qu'il y aurait eu de l'insolence, s'il y avait eu de l'intention; mais cpioique, par les galeries, Necker put retourner modestement chez lui sans se montrer au peuple, il y a eu, ce me semble, trop de rigueur à lui faire un crime de n'avoir pas eu pour le roi cette respectueuse attention.

Necker, assailli par la reconnaissance du peuple et par ses applaudissements , accompagne jusqu'à son hôtel que la même foule investit , n'\ fut pas j)lutot arrivé, (|u'il y vit accourir, non pas une députation de rassemblée, mais l'assemblée entière, qui, .se pressant autour de lui, le

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