‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 104 sur 162 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

suppliait, au nom de ia patrie, au nom du roi lui-même, au nom du salut de l'Etat, de ne pas les abandonner. Ce n'était là qu'un jeu de théâtre pour rendre le parti rovaliste odieux; et le dessein d'anéantir le ministre lui-même, s'il n'était pas voué au parti .populaire, nen était pas moins pris dans le conseil de la faction.

]S^ecker voulut leur faire entendre que, seul, il n'avait plus le pouvoir de faire aucun bien. « Nous vous aiderons, s'écria ïarget, se donnant le droit de parler au nom de tous, et pour cela, il n'e.st point d'efforts, de sacrifices même que nous ne sovons disposés à faire. — ^Monsieur, lui dit ^Mirabeau avec le masque de la franchise, je ne vous aime point, mais je me prosterne devant la vertu. — Restez, 31. Necker, s'écria la foule, restez , nous vous en conjurons. » Le ministre , sensiblement ému : « Parlez pour moi, M. Target, ^ dit -il., car je ne puis parler moi-même. — Eh bien 1 messieurs , je reste , s'écria alors Target ; c'est la réponse de M. Necker. » On a su depuis combien le coup que cette scène portait au cœur du roi lui fut sensible; et cela même entrait dans l'intention des acteurs.

Il n'y avait aucune espérance de rompre l'union des communes ni de vaincre leur résistance. Tous les jours il leur arrivait des différentes villes du royaume des félicitations de commande sur leur fermeté couras^euse. Dans ces adresses il était dit que, si on semait des pièges autour de l'assem-

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