‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 114 sur 162 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

rissons notre roi ; nous bénissons le Ciel du don qu'il nous a fait de son amour.

« Sire, la religion de votre majesté ne peut être surprise que sous le prétexte du bien public. Si ceux qui ont donné ce conseil à notre roi avaient assez de confiance dans leurs principes pour les exposer devant nous , ce moment amènerait le plus beau triomphe de la vérité.

« L'État n'a rien à redouter que des mauvais principes qui osent assiéger le trône même, et ne respectent pas la couronne du plus pur et du plus vertueux des princes ; et comment s'y prend-on , sire , pour vous faire douter de l'attachement et de l'amour de vos sujets?

« Avez -vous prodigué leur sang? êtes -vous cruel, implacable? avez-vous abusé de la justice? le peuple vous impute-t-il ses malheurs? vous nomme-t-il dans ses calamités ? ont-ils pu vous dire que le peuple est impatient de votre joug ? Non , non , ils ne l'ont pas fait. La calomnie n'est du moins pas absurde : elle cherche un peu de vraisemblance pour colorer ses noirceurs.

« Votre majesté a vu tout récemment ce qu'elle peut sur son peuple. La subordination s'est établie dans la capitale agitée; les prisonniers mis en liberté par le peuple, d'eux-mêmes ont pris leurs fers; et Tordre public qui peut-être eiil coûté des torrents de sang, si l'on eût employé la force , un mot de votre bouche l'a rétabli ; mais ce mot était un mot de paix ; il était l'exprès

sion de votre cœur, et vos sujets se font gloire de n'y résister jamais. Qu'il est beau d'exercer cet empire! c'est celui de Louis IX, de Louis XII, de Henri IV, c'est le seul qui soit digne de vous. Nous vous tromperions, sire, si nous n'ajoutions pas, forcés par les circonstances : Cet empire est le seul qu'il soit aujourd'hui possible en France d'exercer. La France ne souffrira pas qu'on abuse du meilleur des rois, et qu'on l'écarté, par des voies sinistres, du noble plan qu'il a lui-même tracé. Vous nous appelez pour fixer, de concert avec vous , la constitution , pour opérer la régénération du royaume. L'assemblée nationale vient de vous déclarer solennellement que vos vœux seront remplis, que vos promesses ne seront point vaines , que les pièges, les difficultés, les terreurs ne retarderont point sa marche et n'intimideront point son courage.

« Où donc est le danger des troupes, affecteront de dire nos ennemis? et que veulent dire leurs plaintes, puisqu'ils sont inaccessibles au découragement? Le danger, sire, est pressant et imiversel ; il est au-delà de tous les calculs de la f)rudence humaine.

« Le danger est pour le peuple des provinces; une fois alarmé sur notre liberté , nous ne connaissons plus de frein qui puisse le retenir. La distance seule grossit, exagère tout," double les inquiétudes, les aigrit, les envenime. Le danger est pour la capitale. De quel oeil le peuple, au

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