‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 122 sur 162 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

sabre qui vous flétrit. Vive le roi! vi\^e la liberté! Périssent les aristocrates , nos oppi'esseurs et vos tyrans!

Le soldat, naturellement ami du peuple, n'était pas sourd à ce langage. Il ne voyait qu'un pas à faire de la misère à l'abondance, de la gène à la liberté. Il en désertait un grand nombre, et, si près de Paris, il était impossible qu'ils ne fussent pas corrompus.

Le peuple , en présence des troupes du Champde-Mars, eut donc toute licence de fouiller l'hôtel des Invalides. Il y trouva, dans les caveaux du dôme, vingt-huit mille fusils; et avec ce butin et les canons de l'esplanade traînés dans Paris en triomphe , il revint à l'Hôtel - de -Ville. Là , il apprit que le gouverneur de la Bastille, le marquis de Launay, sommé de fournir à son tour des munitions et des armes , répondait qu'il n'en avait point. A l'instant un cri général se fit entendre dans la place de Grève : udllons attaquer la Bastille.

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