LIVRE XIX
toirc devaient être pris clans le nombre de cinquante candidats que proposerait le conseil des cinq cents, et c'était au conseil des deux cent cinquante ( dit des anciens)^ qu'il appartenait de les choisir.
Ces pentarques seraient successivement amovibles; d'abord un tous les ans devait être exclu et remplacé par la voie du sort ; et dans la suite chacun ne sortirait qu'au bout de ses cinq ans de règne, et dans l'ordre de succession.
De-là vint, pour le dire en passant, que les habiles ne se pressèrent pas d'être du nombre des élus que le sort pouvait exclure au bout d'un ou deux ans, et qui d'ailleurs devaient courir les risques d'une première tentative.
Mais tous avaient droit de prétendre à ces éminentes dignités de l'État, et d'y passer plus d'une fois. Aussi leur premier soin avait -il été de composer la commission des rédacteurs de l'acte constitutionnel, des plus ardents, des plus adroits, des plus ambitieux républicains; et ceuxci s'étaient appliqués à donner à cette oligarchie roulante le plus d'autorité , de force et de consistance possible.
La gestion des plus grandes affaires de l'Etat, la politique, les finances, les relations au dehors, le commerce et les alliances, la guerre et la paix, les armées , leur formation, leur conduite, le choix des généraux et leur destitution, la nomination aux emplois militaires appartenaient exclusive-
ment à ce conseil des cinq. Aii-dedans, la police, l'usage de la force armée et le droit de la faire agir, le droit d'inspection sur la trésorerie et sur les préposés à la perception des impots , le maniement des deniers publics , leur distribution aux bje.soins de TÉtat, sans jamais en être comptables; le clioix et Tcmploi des ministres, travaillant sous leurs ordres et révocables à leur gré , la surveillance des tribunaux , la dépendance immédiate des autorités constituées et des agents qu'ils emploieraient dans toutes les parties de l'administration; enfin le droit d'avoir dans lc.> départements, jusque dans les moindres communes , des commissaires attitrés, et le droit de casser les élections que le |)euple aurait faites de ses magistrats, de ses juges : telles étaient les attributions prodiguées au directoire par l'acte constitutionnel , sans compter ce qu'il y ajouta. x\insi tous les moyens de dominer, d'intimider et de corrompre; l'usage de la force armée ; la disposition du trésor de l'État; l'intérêt qu'on aurait dans les armées, dans les finances, dans tous les emplois mercenaires de gagner la faveur de ces pentarques tout -puissants ; le dévouement des chefs pour les auteurs de leur fortune, l'exemple qu'ils en donneraient aux soldats et aux subalternes; parmi les magistrats du peuple, la crainte d'être déposés, le désir d'être maintenus; dans l'assendjlée nationale, l'ambition d'avoir pour amis les promoteurs aux grandes places; et ceux qui te-