LIVRE YIJNGTIEME
L/Ks événements dont je viens de rappeler le souvenir ont telleincnt occupé ma pensée, qu'à travers tant de calamités publiques je me suis presque oublié moi-même. L'impression que faisait sur moi cette foide de malheureux était si vive et si profonde, qu'il est bien naturel que ce qui ne touchait que moi me soit très-souvent échappé. Ce n'est pas cependant que, par des diversions de travail et d'études, je n'eusse tâché de me défendre de ces réflexions fatigantes dont
la continuité pouvait se terminer par ime noire mélancolie ou par une fixité d'idées, plus dangereuse encore pour le faible et fragile organe du bon sens.
Tant que mon imagination put me distraire par d'amusantes rêveries , je fis de nouveaux Contes , moins enjoués que ceux que j'avais hiits dans les plus beaux jours de ma vie et les riants loisirs de la prospérité, mais un peu plus philosophiques et d'im ton qui convenait mieux aux bienséances de mon âge et aux circonstances (hi temps.
[.orsque ces songes me manquèrent, je fis