‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 147 sur 162 · L IVRE XX. 43 T · texte numérisé non relu

L IVRE XX. 43 T

usage de ma raison , et j'essayai de mieux employer le temps de ma retraite et de ma solitude, en composant, pour l'instruction de mes enfonts, un Cours élémentaire en petits Traités de Grammaire, de Logique, de Métaphysique et de Morale, où je recueillis avec soin ce que j'avais appris dans mes lectures en divers genres, pour leur en transmettre les fruits.

Quelquefois , pour les égayer ou pour les instruire d'exemples, j'employais nos soirées d'hiver à leur raconter, au coin du feu, de petites aventures de ma jeunesse, et ma femme, s'apercevant que ces récits les intéressaient, me pressa d'écrire pour eux les événements de ma vie.

Ce fut ainsi que je fus engagé à écrire ces volumes de mes Mémoires. J'avouerai bien , comme madame de Staal, que je ne m'y suis peint qu'en buste ; mais j'écrivais pour mes enfants.

Ces souvenirs étaient pour moi un soulagement véritable , en ce qu'ils effaçaient au moins , pour des moments , les tristes images du présent par les doux songes du passé.

Cependant je touche à l'époque où l'intérêt de la chose publique vint me saisir plus fortement , plus étroitement que jamais. Par mon devoir de citoyen , je fus appelé à cette assemblée primaire du canton de Gaillon, où allait être proposée la nouvelle constitution. C'était le moment d'observer où en était l'esprit national, et ce moment était intéressant; car le problème

allait èlre mis en délibération et résolu simultanément par la pluralité des voix dans la totalité des assemblées primaires.

Dans celle où j'assistai, il me fut évident que deux partis se balançaient.

Ici s'arrête le manuscrit des Mémoires de Marmontel. Ainsi quon Va vu dans les i8 et \q^ livres de cet ouvrage, aux approches du lo août i'j9'2, il s'était retiré d'abord dans le voisinage d'Évreux , département de l'Eure , et ensuite à Ahloville , petit hameau voisin de Gaillon , oii il avait acquis une petite ?7iaison de paysan , et environ deux arpents de jardin.

Là il ne s'est plus occupé que de l'éducation de ses enfants , de quelques travaux littéraires pour leur instruction , et de quelques parties d'histoire.

Il est demeuré livré à ces douces occupations jusquau mois d'avril 1797 ( ger/ninal de l'an V) , époque à laquelle se tinrent les assemblées électorales cjui devaient renouveler par tiers l'assemblée nationale en vertu de V établissement de la troisième constitution. Il se rendit à Evreux et réunit les suffrages de son départemerit , par lequel il fut expressément chargé de défendre, dans l'assemblée nationale , la cause de la religion catholique, engagement qu'il prit, et qu'il voulait remplir en prononçant au corps législatf le discours qu'on trouvera ci -après.

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