LIVRE XII. DlI
notables sur la partie de son travail qui avait subi leur examen, car il ne fut pas même discuté juscpi'au bout.
Sa base était l'impôt territorial en nature, dont l'avantage aurait été de suivre l'accroissement progressif des valeurs. Si, cependant on l'avait trouvé trop difficile à percevoir, il en aurait changé le mode, pourvu qu'il eût été perçu également sur tous les biens-fonds. Mais on ne voulut pas même entrer en conciliation avec lui; et, pour le fonds, ainsi que pour la forme, les notables articulèrent que cet impôt était inadmissible, et en même temps déclarèrent que sur toute espèce d'impôt ils refusaient de délibérer, à moins qu'on ne mît sous leurs yeux des états détaillés de la recette et de la dépense, dans lesquels on pût voir comment s'était formé le déficit; que, si, d'après l'examen des comptes, une subvention nouvelle était indispensable, ils consentiraient que l'imposition en fût égale sur tous les biens.
La réponse du roi fut telle qu'ils l'avaient prévue. Il leur fut défendu d'insister sur cet examen; mais féclaircissement que refusait Galonné, luimême il l'avait provoqué, en se faisant un procès avec Necker sur l'origine du déficit. Voici comment il s'était engagé dans ce défilé pérdleux.
En 1787, à l'ouverture de l'assemblée, le déficit, de l'aveu de Galonné, montait à cent quinze millions ; et , comme il avait besoin de croire
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qu'une partie considérable de ce déficit existait av;int lui, il le crut et il l'avança dans l'assemblée des notables.
Neckcr averti que, dans cette assemblée. Galonné devait accuser d'infidélité tous les comptes rendus avant son ministère, lui écrivit qu'ayant donné l'attention la plus scrupuleuse au compte ([u'il avait rendu en i -781, il le tenait pour parfaitement juste; « et comme j'ai rassemblé, ajoutait-il, les pièces justificatives de tous les articles qui en étaient susceptibles, je me trouve heureusement en état de prêter à la vérité toute sa force. Je crois donc, monsieur, être en droit de vous demander, ou de n'altérer en aucune manière la confiance duc à l'exactitude de ce compte, ou d'éclairer vos tloutes en me les communiquant. »
Galonné, avec une promesse assez légère de ne point attaquer ce compte, éluda l'éclaircissement. Necker insista, et, pour réponse à la lettre la plus pressante, il reçut un billet poliment ironique, avec un exemplaire du discours que Galonné venait de prononcer dans l'assemblée des notables, et dans lequel il avait avancé qu'en 1781 il y avait un déficit considérable entre les revenus et les dépenses orduiaircs. Necker en même temps fut instruit que, dans le grand comité des notables qui s'était tenu chez Monsieur , Galonné avait expressément dit que cette somme était de cin(|uanle-six millions.