‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 76 sur 162 · LIVRE X 1 1 I · texte numérisé non relu

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« aurait été plus faible et plus timide; ce caractère « de vigueur quon lui voyait prendre et quittera « tous inoments , ri était pas le sien; il V empruntait « de Lamoignon; c était lui qu il fallait détruire; a rien ne devait coûter pour perdre V ennemi com- « mun. » Ce fut à cette condition que passa l'édit des vingtièmes; car, pour ceux de Fimpôt territorial et du timbre , il avait fallu que Brienne consentît à les retirer. Mais il comptait sur un emprunt considérable; et c'était pour lui un triomphe que d'avoir abusé et ramené le parlement. Je ne dois pas omettre que , pour se donner plus de poids et de dignité dans sa négociation , il avait voulu engager le roi à le nommer premier ministre, et que l'issue de cette tentative, d'abord assez mal accueillie, fut d'être déclaré ministre principal.

Le parlement se rendit à Versailles; tout parut réconcilié; et Brienne, le même jour, dit au garde des sceaux : « J'ai bien fait , comme vous voyez ; et si je n'avais pas promis à ces gens -là votre disgrâce, nous courions risque, vous et moi, de n'être pas long-temps ici. » Mais en croyant s'être joué du parlement , Brienne s'abusait lui-même.

Aux termes de l'édit qu'on devait lui passer, il comptait que les deux vingtièmes seraient perçus exactement sur tous les biens-fonds, sans exception aucune , et dans la proportion de leurs revenus effectifs. Le parlement prétendit, au contraire , que cet édit ne devait rien changer à

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raiicieniie pcircplioii; qu'il iTautorisait ni recherche, ni vérification nouvelle; et tous les parlements se hguèrent enseml)le pour déclarer que, si on exerçait sur les biens une intjuisition fiscale, ils s'y opposeraient hautement. Us étaient appuyés dans cette opposition par un parti considérable; le clergé, la noblesse, tous les gens en crédit faisaient cause commune avec la haute magistrature. Misérable avarice qui les a tous perdus! Ce fut là ce qui, tout-à-coup, lia ce parti redoutable des corps privilégiés contre le ministère; et pour fintimider, leur cri de guerre fut : tes états-généraux.

Comme parmi les vices de l'esprit personnel se trouvent cpiclquefois les vertus de l'esprit public , il est possible que , dans le nombre des têtes exaltées dans le clergé et dans la noblesse, il y en eut quelques-unes à qui les vieux abus d'une autorité déréglée fissent vouloir de bonne foi, comme un remède unique et nécessaire, la convocation des états-généraux; mais, à consitlérer la masse et l'ensemble des hommes, cet appel à la nation ne pouvait être qu'une menace feinte, ou qu'une résolution aveuglément passionnée. On devait bien savoir que, pour les corps privilégiés et les classes favorisées, le plus redoutable des tribunaux était celui du peuple; que, surchargé d'impôts, ce ne serait pas lui qui leur accorderait d'en être exempts plus que luimême; et ces corj)s ayant tout à craindre de la

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