‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 81 sur 162 · LIVRE X T I r · texte numérisé non relu

LIVRE X T I r

août, il fit promettre au roi de convoquer les états-généraux le mois de mai suivant, résolution tardive, qui ne fit qu'annoncer la fin d'iui ministre aux abois.

Les finances étaient ruinées, les coffres du roi vides, plus de nouvel impôt, plus de nouvel emprunt, plus d'espérance de crédit, et de tous côtés les besoins les plus urgents; les rentes sur la ville, le prêt même des troupes, tout allait manquer à-la fois. Il n'en fallait pas moins pour forcer Brienne à reconnaître son incapacité , ou du moins l'impuissance où il était de tirer la chose publique de cet abyme de misère. Il voulut achever de se déshonorer, et, par un arrêt du conseil du i6 août , il déclara que les deux cinquièmes des paiements sur le trésor royal se feraient en billets d'Etat. La malédiction publique fondit sur lui comme un déluge. Alors enfin il se résolut à demander le rappel de Necker;mais Necker refusa de s'associer avec lui. Il répondit : a Que s'il avait encore quelque espérance d'être utile à l'État , cette espérance était fondée sur la confiance dont la nation l'honorait, et que, pour conserver quelque crédit lui-même, on savait quelle condition il était oblige de mettre à son retour. — Cette réponse est mon arrêt, dit Brienne au garde des sceaux ; il faut céder la place ; » et il donna sa démission ( 23 août 1788 ).

Il ne laissait au trésor royal que quatre cent mille livres de fonds soit en argent, soit en autres

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valeurs; et la veille de son départ il y envo);» preiulre les vingt mille livres de son mois de ministre, qui n'était point encore échu: exactitude d'aulant plus remarquable, que, sans compter les appointements de sa place , et six mille livres de pension attachée à son cordon bleu , il possédait en bénéfices six cent soixante -dix -huit mille livres de rente; et que tout récennuent encore une coupe de bois dans Tune de ses abbayes lui avait valu un million.

La considération dont ]Vecker avait joui s'était accrue dans sa disgrâce; mais autant Testime publique devait l'encourager, autant devait l'inquiéter la situation du royaume.

Alentour de la capitale, soixante lieues carrée^ de pays, et du pays le plus fertile, absolument dévasté par la gréle à la veille de la moisson; la récolte mauvaise dans tout le leste du royaume; le prix des blés exagéré encore par la crainte de la famine, et dans l'urgente nécessité d'en i\{[iv venir du dehors, aucun fonds ni aucun crédit ; tous les effets royaux décriés sur la place el presque sans valeur; toute voie interdite et aux emprunts et aux impots; d'un coté, la recelte iiécessairement appauvrie; de l'autre, la dépense forcément augmentée, et au lieu dos contributions auxquelles sont soumis les habitants de la campagne, des secoins pressants à répandre dans les lieux rpie la grêle Acnait de ruiner; les tribunaux dans l'inaction; par-tout la licence impii-

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