‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 99 sur 162 · LIVRE XIV. S · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. S

timents concourir avec moi au bien général de rÉtat ne sera point trompée.

« J'ai déjà ordoni^ dans les dépenses des retranchements considérables. Vous me présenterez à cet égard des idées que je recevrai avec empressement; mais, malgré les ressources que peut offrir l'économie la plus sévère, je crains, messieurs, de ne pouvoir pas soulager mes sujets aussi promptement que je le désirerais.

« Je ferai mettre sous vos yeux la situation exacte des finances; et quand vous l'aurez examinée, je suis assuré d'avance que vous me proposerez les moyens les plus efficaces pour y établir un ordre permanent, et affermir le crédit public. Ce grand et salutaire ouvrage , qui assurera le bonheur du royaume au -dedans, et sa considération au -dehors, vous occupera essentiellement.

« Les esprits sont dans l'agitation ; mais une assemblée des représentants de la nation n'écoutera sans doute que les conseils de la sagesse et de la prudence. Vous aurez jugé vous-mêmes^ messieurs, qu'on s'en est écarté dans plusieurs occasions récentes ; mais l'esprit dominant de vos délibérations répondra aux véritables sentiments d'une nation généreuse, et dont l'amour pour ses rois a toujours fait le caractère distinctif. J'éloignerai tout autre souvenir.

« Je connais l'autorité et la puissance d'un roi juste, au milieu d'un peuple fidèle et attaché de

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tout temps aux principes de la nionarcliic. Ils ont fait la gloire et l'éclat de la France; je dois en être le soutien, et je le; serai constamment. Mais tout ce qu'on peut attendre du plus tendre intérêt au bonheur public, tout ce qu'on peut demander à un souverain , premier ami de ses peuples, vous pouvez, vous devez l'espérer de mes sentiments.

« Puisse , messieurs, un heureux accord régner dans cette assemblée , et cette époque devenir à jamais mémorable pour le bonheur et la prospérité du royaume! C'est le souhait de mon cœur; jc'est le plus ardent de mes vœux; c'est enfin le prix que j'attends de la droiture de mes intentions et de mon amour pour mes peuples. »

Ces paroles du roi firent sur l'assemblée la plus favorable impression.

Le garde des sceaux, selon l'usage, développa les intentions du roi ; il observa que dans l'ancien temps le service militaire étant aux frais de la noblesse, et la subsistance des veuves, des orphelins, des indigents, étant prise alors sur les biens du clergé , ce genre de contribution les acquittait envers l'État; mais qu'aujourd'hui que le clergé avait des richesses considérables, et que la noblesse obtenait des récompenses honorifiques et pécuniaires , les possessions de ces deux ordres devaient subir la loi commune de l'impôt. Parmi les objets qui devaient fixer l'attention de l'assemblée, il indiqua les changements utiles que

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