‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 40 sur 46 · LES MARIAGES S A M N I T E S · texte numérisé non relu

LES MARIAGES S A M N I T E S

du lieu, celui de la valeur y supplée; il est à nous; marchons. Les voilà, dit le général samnite à sa jeunesse impatiente; laissons-les approcher jusqu'à la portée de l'arc, et vous aurez alors toute liberté de mériter vos épouses.

Les Romains s'avancent; les Samnites les attendent de pied ferme. Fondons sur eux, dit le général romain ; un corps immobile ne peut soutenir l'impétuosité de celui qui le heurte. Toutà-coup les Samnites s'élancent eux-rnémes avec la rapidité des coursiers quand on leur ouvre la barrière. Les Romains s'arrêtent; ils reçoivent le choc sans se rompre et sans s'ébranler; et l'habileté de leur chef change tout-à-coup l'attaque en défense. On combattit long -temps avec une opiniâtreté incroyable : pour le concevoir, il faut s'imaginer que des hommes, qui n'avaient d'autres passions que l'amour, la nature, la patrie, la liberté, la gloire, défendaient, dans ces moments décisifs, tous ces intérêts à-la-fois. Dans l'une des attaques redoublées des Samnites, le vieux Télespon fut dangereusement blessé en combattant à coté 'de «son fils. Cet enfant, plein d'amour pour son père , voyant les Romains plier de toutes parts, et croyant la bataille gagnée, suivit le mouvement invincible de la nature, et tirant son père de la mêlée, l'aida à se traîner à quelque distance du lieu du combat. Là, au pied d'un arbre, il pansait en pleurant la profonde blessure de ce vénérable vieillard. Comme

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il 011 .irracliail le Mail, il (Mili-iidil auprès do lut le bruit criiuc lioupo i\v Saimiilos qu'on a\ail ropoussée. Où allez-vous, mes amis? leur dil-il eu abandoiinanl sou poio; vous fuyez! voici votre cliemiii; et aporcevaul lailo gauclie dos l»oiuaiiis à découvert: Venez, dit-il, attaquons leur flanc; ils sont vaincus si vous voulez me suivre. Cette évolution rapide jeta l'effroi dans cette aile de Tarméo romaine; et Agatis la voyant en déroule: Poursuivez, dit -il, mes anus, le chemin est ouvert; je vous quitte un instant pour aller secourir mon père. La victoire enfin se décida pour les Samnites; et les Romains, trop alfaiblispar leurs pertes , furent obligés de rentier dans leurs murs. Télespon s'était évanoui de douleur; les soins de son fils le ranimèrent. Sont -ils battus? demanda le vieillard. On achève, dit le jeune homme ; les choses sont en bon état. SU est ainsi, dit le père en souriant, tâche de me rappeler à la vie; elle est douce pour les vainqueurs; et je veux te voir marier. Le bon homme n'eut de long-temps la force d'en dire davantage , car le sang qui avait coulé de sa plaie l'avait réiluit à l'extrémité.

Les Samnites, après leur victoire, s'empressèrent toute la nuit à secourir les blessés; on n'épargna rien pour sauver le digne père d'Agatis; et il se remit, quoiqu'avec peine, de son extrême épuisement.

Le retour de la campagne était le temps des mariages, pour deux raisons : l'une, afhi que la

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