XXVIII K L O G E
Je sais qu'à Toccasion des soins qu'il s'est donnés pour naturaliser chez nous la musique italienne, et de la lutte établie entre les deux compositeurs ijui se disputaient la scène , on a reproché à Marmontel de s'être laissé aller à trop de vivacité contre les admirateurs passionnés de l'antai^oniste qu'on opposait à Piccini;mais n'avait-il pas été provoqué ? Ne faut-il pas pardonner quelque chose à cette espèce d'hommes qui est irritable , comme Horace le dit de lui-même et des poètes ses confrères? enfin ne doit -on pas le juger avec quelque indulgence, lorsqu'il défend les principes qu'il s'était faits sur la nature du mélodrame, c'est-à-dire une opinion réiléchie et un système auquel il tient comme à sa création ?
Parmi les ouvrages de Marmontel, on trouve encore un assez grand nombre de discours en vers, dont plusieiu^s ont remporté les prix de l'Académie, et les autres ont été lus dans ses assemblées.
Entre les premiers, on peut distinguer celui qui a pour titre , Epitre aux poètes , ou /es Charmes de V Etude ^ qui a suscité à son auteur beaucoup de querelles , et dont je dirai quelque cliose pour qu'on ne puisse pas me reprocher d'éluder les difficultés de mon sujet. Dans cette Epitre ,