‹ Œuvres complètesChapitre 11 sur 196 · DE M A R M O N T E L. XXIX · texte numérisé non relu

DE M A R M O N T E L. XXIX

on a cru voir des hérésies liUérRires; Boileau copie j et Je ne vois jamais Boileau sensible, a dit Marmontel , et on a crié au blasphème .

Je ne crois pas qu'il soit impossible d'excuser Marmontel en expliquant bien ce qu'il entend par l'invention et par l'espèce de sensibilité qu'il refuse à Boileau ; mais il faudrait , pour cela , passer les bornes de ce discours ; je me contenterai de dire que, si son opinion est une hérésie littéraire , son talent n'en a pas été infecté ; car cette Epitre , où il est, dit -on, injuste envers Boileau, est faite à la manière de Boileau, et on peut dire qu'il a ressemblé en cela à des hérétiques en matière plus grave , dont la morale pratique est aussi bonne et quelquefois meilleure que celle des orthodoxes les plus purs.

Quant aux discours en vers que Marmontel a lus aux séances publiques de l'Académie , je dois dire , à son éloge , qu'il est un des membres de cette compagnie qui ont le plus contribué à donner à ses assemblées l'éclat dont elles ont brillé jusques aux premiers mouvements de la révolution. On doit à Duclos, et sur-tout à d'Alembert, d'avoir les premiers pris quelque soin pour y attirer ces amis des lettres non moins éclairés que bienveillants , qui les honoraient de leur présence, et que j'y vois rassemblés encore

Page 1