‹ Œuvres complètesChapitre 155 sur 196 · E AF O I R K S · texte numérisé non relu

E AF O I R K S

malheur était de ne jamais associer personne aux dangers imprévus et aux révolutions soudaines auxquelles m'exposait la périlleuse condition (Tlionnue do lettres ; que , si dans ma situation je me sentais quelque courage, j'en étais redevable à mon isolement; que ma tète serait déjà perdue si, hors de ma prison , j'avais laissé une femme et des enfants dans la douleur; et qu'au moins de ce côté -là, qui serait pour moi le plus sensible , je ne voulais jamais donner prise à l'adversité.

Mademoiselle S** fut plus piquée qu'affligée de ma réponse; et, peu de temps après, elle s'en consola en épousant M. S**.

Enfin, le onzième jour de ma détention, la nuit tombante, le gouverneur vint mannoncer que la liberté m'était rendue ; et le même exempt qui m'avait amené me remena chez M. de Sartines. Ce magistrat me témoigna quelque joie de me revoir, mais une joie mêlée de tristesse. « Monsieur, lui dis-je, dans vos bontés, dont je suis bien reconnaissant, je ne sais quoi m'afflige encore; en me félicitant, vous avez l'air de me plaindre. Auriez-vous quelque autre malheur à m'annoncer ( je pensais à Durant)? — Hélas ! oui, me (lit-il; et ne vous en doutez-vous pas! le roi vous ote le Mercure. » Ces mots me soulagèrent; et, d'un signe de tète exprimant ma résignation, je répondis : « Tant pis pour le Mercure. — Le mal, ;ijoula-t-il, n'est peut-être pas sans remède. M. de

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