‹ Œuvres complètesChapitre 166 sur 196 · LI VR E V I · texte numérisé non relu

LI VR E V I

et que ma sœur aurait pu conserver, si elle avait perdu son mari. Cet emploi valait cent louis. Eu même temps la Popimière avait obtenu , pour un de ses parents, l'emploi des traites de Saumur, emploi de receveur comptable, et qui, d'un détail infini et d'une extrême difficulté, ne valait que douze cents livres. La Poplinière ne laissa pas de me prier d'en accepter l'échange , en alléguant la bienséance, vu que son homme , à lui , demeurait à Chiuon. Comme il me demandait ce service, au nom de l'amitié, je ne balançai pas à le lui rendre. Je tâchai même de me persuader que les talents de mon beau-frère auraient été ensevelis dans un magasin de tabac; au lieu que, dans une recette qui demandait un homme instruit , vigilant , appliqué , il pourrait se faire connaître et mériter de l'avancement. Je ne crus donc pas lui faire tort; et, généreux à ses dépens, je le fus à l'excès ; car l'emploi de Chinon étant d'une valeur double de celui de Saumur, la Poplinière m'offrait, pour cet échange, lui dédommagement annuel de douze cents livres ; et moi je ne voulus, pour compensation, que le plaisir de l'obliger. Eh bien! ce mince emploi, où mon beau-frère avait rétabli l'ordre , l'activité , l'exactitude, et qu'on lui avait permis de joindre à celui du grenier à sel qu'il avait obtenu depuis, quelqu'un, à mon insu, l'a sollicité pour un autre, et mon beau-frère l'a perdu. — Et la Poplinière a souffert qu'on vous l'ait enlevé? — Que vouliez-.

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VOUS quil lit? — l'.t , saiulisl était-il sans crédit dans sa compagnie? et du moins ne devait-il pas reconnaître et faire valoii^e que vous aviez tait pour lui? — Que direz- vous donc, ajoutai-je , quand vous saurez que c'est lui-même qui, sans m'en dire un mot, a demandé, sollicité cet emploi pour son secrétaire, et en a dépouillé le mari de ma sœur? — ^ Cela n'est pas possible. — Cela n'est que trop vrai : les fermiers généraux eux-mêmes me l'ont dit. » La Sablière confondu garda quelque temps le silence ; et puis : « ^Ipn ami, me dit -il, nous l'avons aimé vous et moi; ne pensons qu'à cela ; jetons un voile sur le reste. » En effet , nous ne finies plus que nous retracer riicureux temps où la Poplinière était pour nous un hôte aimable, et cette galerie mouvante de tableaux et de caractères qui chez lui nous avait passé devant les yeux. « J'en aime encore le souvenir, me dit -il, mais comme d'un songe dont le réveil est sans regrets. »

Montpellier ne nous offrit rien d'intéressant que le Jardin des plantes , encore ne fut-il pour nous qu'une promenade agréable; car nous étions en botanique aussi ignorants l'un qup l'autre ; mais comme nous nous connaissions en jolies femmes , nous eûmes le plaisir d'en suivre des yeux quelques-unes qui, avec un teint brun, nous semblaient très -piquantes. Ce qu'on distingue en elles, c'est un air éveillé, une démarche leste et un ail agaçant. J'observai singulièrement

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