LIVRE I
Le médecin qu'elle appela, lui dit que c'élaitlà un effet des grandes douleurs concentrées, et que la mienne pouvait avoir les suites les plus redoutables , si l'on n'y faisait pas quelque diversion. « Un voyage , une absence , et le plutôt possible, est, dit-il, le meilleur et le plus sûr remède que je puisse vous indiquer; mais ne le lui proposez pas comme une dissipation : les grandes douleurs y répugnent; il faut, à leur insu, tâcher de les distraire, et les tromper pour les guérir. »
Le vieux curé, qui m'avait donné des leçons au temps des vacances, s'offrit à m'attircr chez lui, au centre du diocèse où était son presbytère, et à m'y retenir aussi long-temps que l'exigerait ma santé. IVIais il fallait à ce voyage un motif; il s'en offrit un dans l'intention où j'étais moimême de prendre la tonsure des mains de mon évèque, avant d'aller plus loin; car l'une de mes espérances était l'heureux hasard d'un bénéfice simple que je tâcherais d'obtenir.
« Je vais , me dit ma mère , employer cette année à éclaircir et à régler les affaires de la maison. Toi, mon fds, hâte-toi d'entrer dans la carrière où Dieu t'appelle: fais -toi connaître de notre saint évèque , et demande-lui ses conseils. »
Le médecin avait raison : il est des douleurs plus attachantes que le plaisir même. Jamais, dans les plus heureux temps , lorsque la maison paternelle était pour moi si douce et si riante, je n'a-
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vais ou aillant de pciiio a la (|iiilt(M' ([iic lorsciu'ollc fut dans le deuil. De six loins (jne j"a\ais amassés, ma merc nie |)('riuil de n laisser trois dans le ménage ; cl assez riche encore , je me rendis avec mon vieil ami dans sa cure de Saiul-Bonet.