‹ Œuvres complètesChapitre 46 sur 196 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

le caractère des candidats, leurs dispositions naturelles, les qualités et les talents qu'ils annonçaient, pour en rendre compte à Tévèque. J'avais besoin d'être recommandé, et pour cela d'être aperçu, nommé, distingué dans la foule. Nécessité r ingénieuse me conseilla de me ménager cette occasion d'être connu des Sulpiciens et de mon évêque ; mais six mois d'attente et de séjour chez mon pauvre curé lui auraient été trop onéreux. Heureusement un bon gentilhomme de ses amis et de ses voisins, le marquis de Linars, me fit témoigner, par son prieur, l'extrême désir qu'il avait que je voulusse donner ce temps de mon repos à un petit chevalier de Malte, l'un de ses fils, aimable enfant, mais dont l'instruction avait été jusque-là négligée. Je fis consentir mon curé, et puis je consentis moi-même à ce qui m'était proposé. Je n'ai qu'à me louer des marques de bienveillance et d'estime dont je fus honoré dans cette maison distinguée, où toute la noblesse du pays abondait. La marquise ellemême , Mortemart de naissance , élevée à Paris , un peu haute de caractère, était bonne et simple avec moi , parce que j'étais auprès d'elle naturel avec bienséance , et respectueux sans façon ; caractère qui m'a toujours mis à mon aise dans le monde, et dont jamais personne n'a été mécontent.

Quand vint le temps d'aller recevoir la ton-

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