‹ Œuvres complètesChapitre 76 sur 196 · I -yG M j': AI o r R r s · texte numérisé non relu

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tcre : im jxx-le (•luinsoiimci-, r;il)l)c'' de Lattaignanl, rliaiioiiie do Ki'iiiis, où il étail alors, ayanf. appris cclU' a\ciilure, cii a\ail fait le sujet (Tune épitre à inadenioiselie Navarre, et cette é|)îlre courait le inonde. Je me trousai doue avoir acquis la réputation (riiomme à honiies fortunes, dont je nie serais l)ien passé; car elle me fit des jaloux, c'est-à-dire des eiineuiis.

Le lendemain de mon arrivée, je vis venir chez moi mes deux abbés gascons de la rue desMatliurins, et j'en reçus une semonce du sérieux le plus comique. «D'où venez-vous? me dit lahbé Forest. Voilà une belle conduite! Vous vous échappez comme lui voleur, sans dire un mot d'adieu à vos meilleurs amis! Vous vous en allez en Champagne ! On vous cherche, on vous cherche en vain. Où est-il? Personne n'en sait rien; et cette femme intéressante, cette femme sensible (pie vous abandonnez, que vous laissez dans les alarmes, dans les pleurs, quelle barbarie! Allez, libertin que vous êtes, vous ne méritez pas l'amour qu'elle a [xnn^ ous. — Quelle est, lui demandaije, cette Ariane en pleurs? Et de cpii parlez-vous? — De ([ui? reprit l'abbé Debon; de cette amante désolée qui vous a cru noyé, qui vous a fait chercher jusques aux filets de Saint-C.Ioud , et (jui depuis a su que vous l'avez trahie, de madame Denis enfin. — Messieurs, leur dis -je, d'un ton ferme et d'un air séiieux, madame Denis est mon amie et rien de plus, iille n a pas le droit de se

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plaindre de ma conduite. Je lui en ai fait mystère, ainsi qu'à vous, parce que je l'ai dû. — Oui, du mystère, reprit Forest, pour mademoiselle Navarre, pour une!.... — Je l'interrompis. Tout beau! monsieur, lui dis-je; vous n'avez pas, je crois, l'intention de m'offenser, et vous m'offenseriez si vous alliez plus loin. Je ne me suis jamais permis de réprimande avec vous; je vous prie de n'en pas user avec moi. — Eh ! sandis ! répliqua Forest, vous en parlez bien à votre aise! vous vous en allez lestement en Champagne boire le meilleur vin du monde, avec une fille charmante, et nous, ici nous en payons les pots cassés. On nous accuse d'avoir été vos confidents, vos approbateurs, vos complices. Madame Denis elle-même nous voit de mauvais œil, nous reçoit froidement; enfin, puisqu'il faut vo.us le dire, ajouta -t- il d'une voix pathétique, il n'y a plus de soupers chez elle; la pauvre femme est dans le deuil. — Ah! j'entends : voilà donc, lui dis-je, le grand crime de mon absence. Vraiment! je ne m'étonne plus que vous m'ayez grondé si fort. Plus de soupers! Allons, il faut les rétablir. Vous serez invité demain. » Un air de jubilation se répandit sur leur visage. « Tu crois donc, me dit Tun, qu'on va te pardonner? — Oui, dit l'autre, elle est bonne femme, et la paix sera bientôt faite. — La paix de l'amitié, leur dis-je, sera toujours facile à faire : il n'en est pas de même de celle de l'amour; et la preuve qu'il n'est pour rien

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(laiisJa (jiKirlk. c (sl (inil iiCn restera deniaiii aucune trace. Adieu, je vais voir madame Denis. » Elle me reçut avec un peu d inimeur, et se plaignit de lincpiiétude c[ue iikju escapade lui avait causée, comme à tous mes anus. J'essuyai ses reproches, et je confessai (pi'à mon âge on n'était exempt ni de faiblesse ni de folie. Quant au secret de mon voyage, il m'était conimandé; je n'avais pas dû le trahir. « N'allez pas, madame, ajoutai-je, en paraître offensée; on vous croirai! jalouse, et c'est un hruit qu'il faut démentir plutôt que de l'autoriser. — Le démentir! dit-elle; est-ce qu'il se répand? — Non, pas encore, lui dis -je; mais vos convives dispersés pourraient bien le faire courir. Je viens d'en voir deux ce matin qui mont fait la scène la plus vive, et à qui vos soupers interrompus font croire que vous êtes au désespoir. » Je lui racontai cette scène; elle en rit avec moi, et sentit qu'en effet il était convenable de les inviter au plus \îte pour leur ôter l'idée d'une Ariane en pleurs. « Voilà, lui dis-je, ce qui s'appelle de l'amitié : facile, indulgente et paisible, rien ne l'altère, et avec elle on vit content, joyeux, de bon accord toute la vie; au lieu qu'avec l'amour... Avec l'amour! s'écriat-elle, que le Ciel m'en préserve ! Cela n'est bon qu'en tragédie, et le comique, à moi, est le genre qui me convient. Vous, monsieur, qui devez savoir exprimer les tourments, les fureurs, les transports de l'ainont Iragiqiu:, \ous avez besoin

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