‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 85 sur 198 · PATISSIER , PLUSIEURS MARCHANDS ET MAR- CHANDES DANS LEURS BOUTIQUES · texte numérisé non relu

PATISSIER , PLUSIEURS MARCHANDS ET MAR- CHANDES DANS LEURS BOUTIQUES

LES MARCHANDS crient.

Des robes de chambre de Marseille! Venez voir ici de très belles chemises de toile de Hollande ; des robes de chambre à la mode; des bonnets à la siamoise; du fromage de Milan, messieurs! Venez voir chez nous ; toutes sortes de vins d'Italie , de la Verdée , du Grec , de la Malvoisie !

i48 LA FOIRE SAINT-GERMAIN.

LE GARÇOI^ PATISSIER, tenant sar sa tête un clayon plein de ratons.

Des ratons tout chauds, messieurs; des ratons à deux liards! Que ces marchands font de bruit! Je m'en vais me divertir en les contrefaisant tous dans une chanson.

( Il chante , et change de voix à chaque différent cri. )

Oranges de la Chine, oranges;

Des rubans, des fontanges;

Faïence à bon marché ;

Thé , chocolat , café :

Vous faut-il rien du nôtre?

L'on va commencer , venez tôt j

Des peignes , des couteaux ;

Des étuis , des ciseaux :

Ne prenez rien à d'autres;

J'ai tout ce qu'il vous faut,

ARLEQUIN , après avoir écouté avec attention ces différents cris.

O désir insatiable de l'homme ! J'entends crier à la Foire tout ce qu'il y a de beau et de bon dans Paris; je voudrois bien acheter tout ce que j'entends crier, et je n'ai qu'une petite pièce pour ma foire.

LE GARÇON PATISSIER, au fond du théâtre.

Des ratons tout chauds , à deux liards , à deux liards !

ARLEQUIN

Commençons par le plus nécessaire. Le plus nécessaire à la vie, c'est le manger. Holà! hé! les ratons !

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