‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 86 sur 198 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

LA LINGE EEj dans sa boutique.

Chemises de Hollande !

LE GARÇON P A T I S S I E R , an fond dn théâtre,

A deux liards , à deux liards !

ARLEQUIN

Des chemises de Hollande à deux liards ! Je n'ai point de chemises ; voilà mon affaire. Holà , hé ! chemises de Hollande ! (La marchande lui met une chemise.) UN MARCHAND, dans sa boutique.

Des indiennes à la mode, de très belles robes de chambre !

LE GARÇON PATISSIER, toujours derrière.

A deux hards , à deux liards!

ARLEQUIN

Des robes de chambre à deux liards ! Il faut qu'il les ait volées. L'homme aux robes de chambre !

(Le marchand lui met une robe de chambre. ) UNE MARCH ANDE.

Des couvertures de Marseille , voyez ici !

LE GARÇON PATISSIER

A deux liards !

ARLEQUIN

Encore ! Il faut que l'on ait taxé toutes les nippes de la Foire à deux hards, à cause de la disette d'argent. Parlez donc, hé ! couvertures de Marseille !

(On lui donneune couverture de Marseille, qu'il met sous son bras.) UN MARCHAND.

Des olives de Vérone, du fromage de Milan, messieurs !

i5o LA FOIRE SAINT-GEP.MAm.

LE GARÇON PATISSIER

A deux liards , à deux liards !

ARLEQUIN

Le fromage de Milan à deux liards ! O che for- /z^^za / L'homme au fromage!

( Il prend nne forme de fromage. ) LE GARÇON PAT I S S I E R , passant devant Arlequin.

Ratons tout chauds , tout fumants , tout sortants du four , à deux hards , à deux hards !

ARLEQUIN

Hé ! l'homme aux ratons ! Voyons ta marchandise !

LE GARÇON PATISSIER

Tenez , monsieur, les voilà tout chauds.

ARLEQUIN

Donnes-tu le treizième ?

LE GARÇON PATISSIER

Oui , monsieur.

ARLEQUIN , prenant nn raton.

Hé bien , je le prends ; demain j'en achèterai une douzaine.

LE GARÇON P A T I S S lE R , reprenant son raton.

Doucement , s'il vous plaît ; il faut payer avant que de manger.

ARLEQUIN, tirant une petite pièce de sa poche.

Attends. Voyons si j'ai de quoi payer tout cela* Deux liards de chemise, deux liards de robe de chambre , deux liards de couverture de Marseille , deux liards de fromage ; voilà qui fait deux sois : il me faudra avec cela pour deux liards de filles : cela

ACTE I, SCENE 1. i5i fera six blancs. Malepeste ! que l'argent va vite ! N'importe , j'avois besoin de cette petite réparation, (au garçon pâtissier.) Ticns , mon ami, Yoilà une petite pièce que je te donne, et voilà trois ratons que je prends : du surplus, paye ces marchands. Serviteur.

( Il s'en va ; les Maicliauds courent après lui. )

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