‹ Œuvres completesChapitre 101 sur 232 · MOI · texte numérisé non relu

MOI

ItISCUUtS I

lous les «.l'iiliiiiPiil* qui lui smil iir'ros>niri;s pour vivre en |iaii ave<' el'i!-ui6iiic, um'C les lioiiiiiies, cl nvei: Uii'ii; Imites les ri'Ssources iloiii elle n heSDiii (l;ii)s l'iiil'urluiio el iIsMS ri)|i|)ressi(iii. A cMiS de In menace et lies cliilliuienls inuixlienl toujours l'espér;iiice, les nmsoialinns, les laveurs. L'iiii;!gination ini^ino v est lluttL^e par le s(icctaclo iiichanleur îles beau lés ot 'les richesses do la nature, |>iir <les eOMi|iarai.suns riantes, {)nr des oitjels dciiix et ^racieuv. Les iwiliDiis inlidèles si)iit, couiiue nous, si l'r.i(i|iées de l'excellencu de ces poeiiics divins, (|u'ellos eu ont des versions dans leurs langue»:. Lo docte S|ion ('aile dans ses vovayes d'une traduction do [ilusifuis psaumes, en viTS turc<, coinposéo par un ieiiéi;al ()oloiiais iiuiiiiiié llul\i)ei;.

On Jéiouvre dans un monument de l'anliijuité gieei|ue des vesliges bien iiiari|ués do l'usago nue Soloii lui-même avait lait d'un psaume. Eusèbede Césarée et Clément d'.\lexaiidrie altesleiit t|ue ce législateur des Alliénieiis conn.iissait les Juifs. Curieux de tout ce qui coiieeinait les diU'érentes religions, il .so lit sans doule expliquer les Psaumes de David. J'en apporte pour preuve l'imitation dont je parle, que d'aulres ont observée avant moi. C'est une formule d'imprécation contre les violateurs de la consécralion solennelle du champ Cirrhéen. Ce décret si terrible des aiiiphictyons se lit tout erilier dans la harangue d'Eschine conire Clésipho!) el Démoslhène. On ne seia point facile de conférer celle malédiction épouvantable aveu les versets du (isaume cviii, qu'il semble queSolon ait eus en vue.

IMl'RÉCATIOS CONTE- IMPRÉCATION DES AM- NUE DANS LE PSAUME PUICTYO.NS

Quand on le jugera. Qu'il soit toujours qu'il soit condamné, vaincu en guerre et et que ce qu'il dira eu jugement. pour su défense lui soit imputé à crime.

Queses enfants meu- Qu'il périsse misérenl avant t'dye : que rableiuent lui, sa sa postérité finisse maison, et toute sa dans une seule gé- postérité.

nération...

Que ses iniquités Qu'il offre en vain soient toujours pré- des sacrihces à Apolsentes aux yeux du Ion, à Diane, à La- Seigneur, et que sa tone, à Minerve, et mémoire périsse àja- que ces divinités refnais. jettent à jamais ses

offrandes.

Nous avons plusieurs traductions des Psaumes, en vers latins. On connaît entre autres celle de Malhiou Toscan, qui est médiocre, et celle de Buchanan, qui est excellente pour la beauté du lang-jge et de la versilication, mais fort inférieure pour la force et pour l'énergie à la version grecque du P. Peteau. Je ne pardonne |>oinl à Buchanan de commencer presque tous ses

in) Psttt. XIII.

iir.i.iMi.NAiiii;. noi

psaumes pir do longues périodiïs qui énervent l'original. Il ne connail poiiil ccm débuts tiers el audacieux qui étonnent hlecteur, el qu'il isl si facili.' de (oiiseiver en tiadiiisaiil liltérali'iii"iil l'Iiébrou ou la \'iilgate. l/ijit insipirns .-riinpio a dil. txsunjat JJeus : Dieu se lève. (Imiiparons dans un do Ces deux psauiues le protestant el lo ■ ésiiite.

Uixil iiisjpiriis in corde suo : Non csl Dcus (17).

Scciicn iiis:iiiia r.-illiijt'.

Inilul^;cin vîliis sic li)i|iiiliir; Dcum

l'iii'iiiiilo mIii ('ri'diil.'i Coninifulj isi liiiiiiiiiuiii, (.uni Icmcrario

Cisu sors forjl oiniiia.

Lo P. Peteau a dit en un seul vers digne d'Homère :

EiTt- xurà ■/.pa.Zi.vJ rfpvj'J! r.'nô; ' Où ©-i,- {Vti.

Il PII est de mémo de tous les comrnenceme'Us de psaume dans la paia()lirase latine et dans la traduction grecque. Qui croirait que cette dernière, comparable peul-élre, pour le tour el l'harmonie do la' versification, aux meilleures poésies des anciens Grecs, n'a été lié.aimoiiis que lo délassement de son auteur, qui n'avait d'autre Parnasse pour la composition do ces rnagniliques vers que les allées et les escaliers diicollége de Clermont, quand il descendait i'i l'église ou au réfectoire I Mais cette traduction, si su(iérieureaienl versiliée, n'est pas exerafite de défauts. Klle pèche au contraire par un endroit essentiel. On y chercherait en vain le genre et le ton lyrique. Elle est toute en vers hexamètres et pentamètres, en quoi le P. Petau n'a point connu l'essence ni la construction de l'ode. C'est au moins manquer de goût que do suivre toujours la même mesure en traduisant des ouvrages de mouvements et do caractères très-différents.

11 est assez inutile de fairo mention des odes sacrées do Rousseau. Nous n'avons [loiiit dans notre langue de poysie.s plus connues, ni (ilus génëraiemenl admirées que celles-là.

Le peu de cantiques spirituels que nous a laissés l'incomparable Racine m'a toujours fait regietltr iju'il n'en ait pas composé un plus grand nombre. Ils sont aussi bien écrits que ses tragédies. Je no vois rien dans Rousseau qui, pour le sentiment, la douceur et la noblesse, égale les cantiques sur la charité et sur les vaines occupations des gens du siècle, ainsi que les chœurs d'Esther et d'Athalie.

Le digne fils de ce grand homme a parfaitement réussi dans les psaumes qu'il a mis en vers, et dans ses odes' chrétiennes. Sa muse, inviolablement consacrée ù la religion, a mérité les éloges du Souverain Pontife qui occupe aujourd'hui le trône du saint Pierre.

D'autres écrivains modernes ont aussi fait (les odes sacrées fort estimables; mais ce sont des pièces détachées qui ne forment l'as de suite. La plus nombreuse, ajuCs

ŒiYRES RELIGIEUSES DE J.-J. LEFUANC, MARQUIS DE POMPIGNAN.

celles (le Houssmu et Racine, est due à M. Bolfiijne. Il y a de l'élégance él de l'harmonie dans ses vers. Son recueil, qui n'est pas long, a été reçu avec auplandissenienl. Dans ce siècle. Lenobie a Ir.iduit en vers le livre entier des Psaumes. Ce sont !à de ces poésies dont on ne dit rien. L'antique version de Racan ne vaut guères mieux.

Celle de M. Godeau, évC-que de Vcnce, n'est pas sans beautés. Quoique le style de cet auteur soit en général lâche et dill'us, sa versilicalion a cependant de la noblesse et de la douceur. Feu l'abbé Desfonlaines a trop bien servi la république des lettres, il a composé de trop bons ouvrages pour que nous reprochions à sa mémoire l'extrùme médiocrité de la traduction en vers d'un assez grand nombre de psaumes qu'il lit imprimer à Rouen, peu de temps après avoir quitté la compagnie de Jésus.

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