DES CANTIQUES
C'est ici !e triomphe de la poésie. Les Pères de l'Eglise et d'anciens docteurs avaient une si haute idée de la plui)art des canliques contenus dans les livres sainis, que plusieurs ont cru que ces poëmes merveilleux éiaient plus particulièrement inspirés aux écrivains sacrés que le reste de l'Ecriiure. Nous lisons, dans une dissertation attribuée à saint Augustin, que le cantique d'action de grâces chanté jiar les Israélites, après le passage de la mer Rouge, leur avait été dicté à tous en même temps par une inspiration particulière de Dieu ; ce qui arriva d'une manière si surnaturelle et si prompte, que dans un instant les vieillards, les femmes, les enfants, les tribus entières ne formèrent qu'un seul chœur et, pour ainsi dire, qu'une seule voix, sans la moindre ditférence dans les mots, sans aucune dissonance dans le chant. Le Seigneur avait été leur guide dans les flots; il voulut être le coryphée de leurs concerts (18j.
Les cantiques sont de véritables poëmes, non-seulement par l'enthousiasme qui y règne, i)ar la magnificence des images, par la pompe et par la force des expressions, mais encore oar le mécanisme d'une construction méthodique, puis(ju'ils sont versitiés, suivant le témoignage uniforme des plus savants hommes de l'unliquilé. Joseph, juif de naissance, saint Jérôme, qui étudia la langue hébraïque avec cette conception vive et pénétranle qu'on admirait en lui, et d'ailleurs avec plus de secours que n'eu ont eu pour la môiue étude Scaliger et Augustin d'Eugubio, ses adversaires sur ce point de critique, Origèiie et Eusèbe assurent unanimement que les cantiques de Moïse sont écrits eu vers. Qi'ifs le soient en vers héroïques, comme l'allirme Josèphe; uue celui du UetUéronome soit en vers Lexauièlres et peulamèlres, comme le veut saint Jérôme; que les Psaumes aient été composés eu vers lyriques, tels que ceux
(18) € Et qui paulo anle iii profunilo coram eis nviJai uerat, ipse posluiodura in lali canlico corum
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des odes de Pindare et d'Horace; c'est sur quoi sans douie l'on ne peut avoir que des notions très-imparfaites. Les personnes curieuses de ces discussions conjecturales les trouveront rassemblées dans la dissertation de Doiii Calmel sur la poésie des Hébreux.
Ce qui doit passer pour certain, c'est qu'à la poésie libre et naturelle, consistant uniquement dans les métaphores, les figures, les comparaisons, et qui n'appartient pas moins à la prose qu'au discours versiûé, les auteurs des canliques ont ajouté l'assemblage artificiel des mots. Je croirai tant qu'on voudra que cet assemblage est varié à l'infini, qu'il n'est point soumis à une mesure particulière, ni gêné i)ar la répétition du même ordre de pieds ou de cadences. Mais si l'on avoue que ces morceaux ont été faits pour être mis en musique et cha'ntés, on ne saurait disconvenir qu'il n'ait fallu pour les plier avec plus de grâce ans dilTérentes modulations du chant, un mélange de brèves et de longues arrangées avec plus d'art et de symétrie que dans la prose. Et c'est précisément ce qu'on appelle des vers. Un vers ou une ligne, suivant la dénomination très-juste des Anglais, n'est en etfet qu'une ligne d'une certaine étendue, séparée . des autres vers ou lignes par des repos plus ou moins marqués. Toutes les nations modernes, et plusieurs d'entre les anciennes ont distingué ces repos par des rimes. Il y a certainement de riiarmonio dans ce retour des mêmes sons, et la musique vocale s'en accommode beaucoup. ■ -< l
Ceux qui soutiennent, contre les autorités respectables dont j'ai fait mention, qu'il ne parait dans les canliques, dans les psaumes, ni dans les livres de l'Ecriture que l'on croit écrits en vers, aucune trace de versification, reconnaissent pourtant qu'il s'y tiouve quelquefois des rimes, et qu'elles y sont amenées [lour ilatter l'oreille et pour favoriser le chant. V'oilà d'abord un aveu tiès-avantageux pour le sentiment opposé. La rime suppose une espèce de contrainte dans la composition. Cette dépendance, quelque légère qu'elle soit, exclut la liberté qui caractérise la prose. Qu'importe que tous ces vers soient ditTéreiits entre eux pour la mesure, et qu'ils ne ressemblent pas môme à ceux dont on connaît la consiruciion? Ce n'en sont pas moins des vers. Il sullit i>our cela qu'on les ail délacliés l'un de l'autre d'une manière sensible, qu'ils soient formés de mots distribués arlislement, et qu'on y démêle une harmonie régulière, et même des licences poétiques- Pour s'en convaincre on n'a qu'à liie l'analyse giammalicale du premier cantique d'e Moïse jiar Dom Guarin, tome il de sa grammaire liebraïqiie et chaldaique. Prendre avantage de ce qu'on ne distingue aujourd'hui dans les textes sacrés ni vers hexamètre, ni vers
linguas et ingénia gubernabat. i [De mirabilib. sacrœ Script.)
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lusco» us Puri-iMiNAmi:.
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ianiliK, ni vers alt-ni(|uo, n't'sl (|ii'iniu vnino sublilitt^ pour iMiidiT lii l'orcu dus |)ri>avos qui i-uiic'iiiii'iit h l'Iiililir (|iu< les caiiii(|ii()S sont vi-rsiliùs. (^eliii (|ui fut uiiaril^ |>iir les l8r>icMili>s sur lo lioni li» la iiut Koii^t», oirro (;i» ol L'i dos IViii^iiumiIs do vers iissi'Z s»'mljl;iblos aux |iuiilaiiiùlius grecs dllaliiis, Quoi i|u'il ou ^oit, ces niorcoiiux sniil nu moins i-xln^uiouiout jiotUiiiues, et loul h l'ail |iro|r('s 11 (\iri! mis eu vers. Ji; suis surjiris (|uo !louss<'au les ail lU'ulisi^*. H n'a l'ail us.ij;(! (|uo do caiiliiiuo d'Iùôeliias, qu'on sérail téniérairo du vouloir Iraduire après lui. M. (lodard a loutjucmeiil p.irnphrasi^ cilui des trois eouip.ii^iions do Daniel. Celle I arapliraso lui valut l'évèclié du làrnsse. La récomponso suipassait de beaucoup l'ouvra;.;!'; mais c'était le cardinal de Ri( lielieu qui n^couipensait. Ce fioëme, qui porte l'eiupreinto des poésies de ce tenips- 1?», et ipii n'est rempli (|ue de //curs d'or »■«/• le ciel étalées, de miracles roulants et do rivants écueils, n, malgré ses délaiils, le mérite piu couuuiiii du nombre et de l'haruiouie. Ou y admire les six vers suivants :
Qu'on le bénisse clans les cieu\ Où la gloire éblouit les .veux, Où les beautés n'ont poinl de voiles , Oi^ l'on voit ce que nous croyons, llù tu u)arches sur les étoiles, El d'oOl jusqu'aux eul'ers tu lances tes rayons.
Ce vers, Où l'on voit ce que nous croyons, est sublime. Le môme auteur a distribué en églogues le Cantique des cantiques. C'est dommage qu'il n'y ait pas mieux réussi; son idée était ingénieuse et naturelle. Les descriplious tliampèlres, les images prinlannières qui font le cliarme de ce poëme mystérieux, que tout le monde ne doit pas lire, convieiuieul [larticulièremeut au genre pastoral.
Nous avons deux paraphrases de ce même Cantique faites par leuioine Willeram, abbé de Mersbourg, l'une en vers latins et l'autre en langue tudesqueou Ihéostique, qui était celle des anciens Francs (19). Pour !a i\remière elle est écrite en vers du xi° siècle; c'est tout dire. La seconde est en prcse. Dès la tin du ix' siècle, le moine Otfride avait traduit en vers tudesques rimes, une partie des quatre Evangiles. C'est dans ce ■vieux langage allemand qu'étaient composées ces poèmes que l'on fcliantait encore du temps de Cbarleniague, et que ce prince savait par cœur, liint il aimait le jargon de ses ancêtres, sur lequel môme il avait commencé une grammaire. On croit aussi, et c'est le seiitiiiieul de Lambecius (•20), qu'Olfride^est l'auteur d'une version tudesque des cantiques que l'on chante à laudes suivant le b.éviaire bénédictin, du Benediclus et du Magnificat, trouvée à Inspruk eu 16C5
(19) Friiica aul Franàca. Voy. une lettre latine écrite par un anonyme à Paul .\Lrula, éititeur cie* deux paraplirases do Willufam, cl du commeiitaiie A lemand <iui les acconipague.
(■20) llhlohe lilU'ruiic Uc la France, t. IV.
(il) < lltijus lingu;e barbaries ul est inculla et
dans un mniiusrril inconnu jUNipTalors. Il ne f.'illail pas moins ipic les beautés surn.'itiirellus d'une poésie divine, pour se soutenir nu milieu des expressions d'une langue inculte et sauvage (|ue l'art ne pouvait manier ni adoucir (21), cl (|ui jiar son excessive dureté, par la bi/arreiio d" sa prononciation, blessait, il y a huit cents ans, l'ofi'ille des Francsoii dt'S (îermains un peu délicats. Mais les cantiques de rFcriturese l'eraient remarquer d.iiis queKpie langue et dans qunlfpic trailiictioii (|ue ce fût. Homère et l'indare auraif'nt beaucoup h [)erdie dans une langue mnins riche et moins sonore (]ue la leur. Moï-ie, Débora, Judith n'y perdraient (pie des mots. Les traits inefl'igab'.es de la Divinité perceraient toujours les ténèbres d'une traduction informe et de l'idiome le plus dél'eetiieux.
DKS PUOPHETII'S.
Quoique les prophètes n'aient point écrit en vers comme David et Salomon, le stylo des prophètes est cependant aussi poétique en général que celui des cantiques et des Psaumes. On trouv(3 même des cantiques dans plusieurs prophètes. Isaie en a fait Irois ; le [iremier sur la délivrance des deux maisons-d'lsraiil et de Juda, (c. xii.) Le second et le troisième on actions de grâces au Seigneur pour la liberté do son peuple et la punition des impies, (c. xxv, xxvi.) Le troisième chapitre d'Uabacuc n'est autre chose qu'un cantique, et c'est sans contredit un des plus remarquables de l'Kcrilure.
Les prophéties sont ce qu'il y a de iilus intéressant dans les livres saints. Tous les mystères de la loi nouvelle y sont [)rédits : c'est l'histoire |)assée, présente et luture de la conduite du Seigneur. On n'y voit ([ue des oracles im|iosants, que des prodiges, que des événements mémorables, que des châtiments de rois, des deslruciions de peuples, des renversements d'empires, des armées d'inseclesj dévorants, des ravages, des mortalités, tous les lléaux de la vengeance divine. Mais ces images terribles sont toujours mêlées d'objets consolants. Ou y découvre dans un beau lointain l'exé'culiou (larlaite des ()romesses de Dieu, l'avéuement du Messie, la rédemption du genre humain, le triomphe de la Jérusalem céleste, l'exaltation lies justes, le bonheur des élus. Considérons en même temps l'éléyalion des pensées, la variété des jieiiilures, l'énergie des csinessions, l'enthousiasmo soutenu qui règne dans les prophéties, nous sentirons qu'il ne manque à tout cela que la versilication pour être ,do véritables [loëmes.
J'espère donc qu'on me saura gré d'avoir
Inilisciplinabilis, atqtie insucta, cap! logulari freno graaimaticM arlis, sic eliain in niulli^ dictis, scriolu est propier lillcrarum aul coiii;eri<'ni, aut incun- " uani bo :oritalcin ditlicilis. » (Oiriuiit;, dans la l'ri'l'dce de sa Uaductioa en vers ludes^ucs di-s quatre liva! gilcs)
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ŒUVRES RELIGIEUSES DE J.-J. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAN
moniré le chemin à ceux qui voiulront puiser dans les prophètes de nouvelles richesses poétiques, dont l'usage ignoré jusqu'à présent ne peut qu'honorer lo talent des vers, le sanctifier même et le rendre précieux «•lia religion. Avec quel plaisir, avec quel IVuit ne lirait-on pas des traductions qui ressembleraient à ce morceau!
Comment ps-lu toml)é des deux, Asirc brillant, fils de l'aurore?
Puissant roi, priiire andaoieux, I,a terre anjourd'lnii te dévore.
Comment es-lu tombé des cieux, Astre brillant, Dis de l'aurore?
Dans ton coeur lu disais: v Dieu même pareil, VéUablirai mon trône au-dessus du soleil, £l près de l'aquilon, sur la montagne sainte.
J'irai m'asseoir sans crainte; A mes pieds trembleront les humains éperdus :
Tu le disais, et tu n'es plus.
Ce sont deux strophes d'une odeirrégulière de Racine le fils,' tirée du chap, xiv d'Isaïe. Je me propose, si le puhlic reçoit avec indulgence mes essais, de faire à l'avenir d'ainrles moissons dans ce champ fertile et , peu fréquenté.
Le choix des prophéties m'a longtemps causé de l'embarras. Elles ont chacune dans leur genre des ornemenis particuliers, des choses qui ne sont point ailleurs. Il n'est point de chapitre dans Ezéchiel ni dans Isa'ie qu'on ne fût tenlé de traduire en vers. La prophétie û'Abdias la moins étendue de toutes, et qui ne contient qu'un seul chapitre, est frappante par sa singularité. L'imagination d'Homère, ni la fougue de Pitidare n'ont point enlanté d'idées qui ap|irochent de celles-ci : L'orgueil de votre cœur TOUS a élevé , parce que vous habitez dans les fentes des rochers, et qu'ayant mis votre trône dans les lieux les plus hauts, vous dites en vous-même : Qui me fera tomber en terre? Quand tous prendriez votre vol aussi haut que l'aiyle et que vous mettriez votre nid parmi les astres, je vous arracherais de là, dit le Seigneur. Les pensées les plus brillantes des poètes profanes s'anéanlisseiit devant ces traits inimitables qu'un génie mortel ne saurait créer sans le secours de' l'inspiration divine.
Les beautés poétiques de l'Ecriture sont toutes de la m6u:e perfection ; et nous devons appliquer aux livres saints en général, ce que Bossuet dit des Psaumes en particulier, que la grandeur et l'élévation s'y réunissent avec la douceur et le sentiaient. Ce prélat à jamais célèbre, qui a été luimême le plus sublime et le plus éloquent des hommes, a fait dans le chapitre second de sa préface latine des Psaumes {-22), uue analyse admirable de la poésie de Woise et de David. Cet examen littéraire est plein de justesse et de sagacité. Que les écrivains inspirés y paraissent grands 1 Qu'Homère et Virgile y sont petits 1
Ces dt^ux poètes si justement renommés, comme auteurs profunes, ne sauraient sou-
{221 Bossuet : tome I. De grandilo liiu'.c l'tulilwntm.
•qiieniia cl sua
tenir le parallèle avec l'Ecriture, dans les endroits mêmesoù ils excellent. Jen'en veux pour exemple que ces peiiiluresde combats et de batailles qui jettent tant de chaleur et d'action dans leurs poèmes. Sont-elles seulement comparables à la descrii tion que fait Joël des insectes meurtriers dont il prédisait l'irruption? Ils sont précédés d'un feu dévorant et suivis d'une flamme qui brûle tout. La campagne qu'ils ont trouvée comme un jardin de délices, n'est après leur passage qu'un désert affreux... A les voir on les prendrait pour des chevaux . Ils s'élancent comme une troupe de cavalerie. Ils sauteront sur le sommet des montagnes avec un bruit semblable à celui des chariots et d'un feu qui dévore de la paille sèche. {Joël, ii, 3-5.) Qu'il y a de force et d'éclat dans ces images 1 Qu'elles sont vraies et terribles! On voit ces animaux, on les louche, on entend le bruit aigu de leur vol. Les sauterelles de fJoël sont bien plus elfi'ayautes que les balaillons de Turnus et d'Ajax.
Je ne comprends pas pourquoi do Irèshabiles interprètes de la Bible ont roula voir dans ces insectes lesdiÙ'érents peuple» qui devaient successivement ravager les campagnes de Juda. Une telle opinion aflaiblit les merveilles du Seigneur, jiuisqu'elle attribue à des hommes ce qui a été exécuté jiar de simples volatiles. On n'ignore pas d'ailleurs, que des nations entières ont été chassées de leur pays par des mouches, des moucherons, des guêjies, des abeilles, des scorjiions, des rats, des fourmis et des tarentules. Bochart en fait le dénombrement dans le quatrième livre de ses animaux sacrés. Ce qu'il tire des auteurs profanes est fondé sur l'Ecriture. Les guêpes, les frelons et les sauterelles sont des lléaux dont Dieu menace assez souvent les hommes dans les livres saints. 11 annonce à son peuple {Exod., XXIII, 28), que pour luiifaciliter la conquéle de la terre promise, il le fera précéder d'une armée de frelons : Et j'enverrai le frelon devant vous et il chassera les Hévéens, les Chananéens.
En ellet, rien ne prouve tani la puissance de Dieu que les révolutions causées sur la terre par de.mé[)risables animaux. 11 jiourrail susciter contre les hommes des troupes d'éléphants, de lions, de ser|)ents monstrueux et d'autres bêtes féroces dont la vue seule inspire l'horreur et l'ellroi. De vils repliles, des insectes ailés remplissent jilus ellicacement ses desseins et nous avertissent mieux de la faiblesse de nos forces. Quand Sapor, roi de Peise, assiégea Nisibe, Jacques, évèque de cette ville, monta sur une tour, et ayant aperçu la prodigieuse multitude d'ennemis qui environnait Jes niurailles, il pria Dieu d envoyer contre eux des moucherons, afin que ces faibles animaux lissent connaître aux infidèles lu puissance et lu grandeur de celui qui protégeait les liomains (23). Sa luière lut plcinemeal
(25) lUst. de l'Eijlne, par Tueoporet, livre u, c. 30.
i)ist:oi lis l'Ui
l'iuiicôu. Ccitiiiric» |>;oviiacs ilo ht Cliiiio stinl (|iiili|'iftoiï iiMMiiliSs lie !>nulriolle!<. 1,1 ilfscni'lii'ii (|u'l'II fait un iiulcuidu pays, so rnpproi lie nssrz do ci'llo iurnii lit ilaiis Joi'l , coiironnilt^ i|iii m'a | aiu di^tie do reliiaitliii-. Elles i-otivienl le ciel; leurs iiilrs fiiiiaisient se tenir Us uurs aux tiulres. IHIes sont en si yrniid nombre, qu'en ieranl tes j/i-HX, on Cl oit voir sur sd l^te de liaules et vtrles monlihjiies. Le bruit (/u elles font en volant, approche tle celui tin lainbonr. C'i'Sl iijtisi (|uu tes aiiiiiiiiux suiil dt''|>('iiits dans les Lettres édifiant es dus iilissinniiaires JosuIIl'S, locueil liùs-L'siiiuable, Irès-ulilt', imii-s(;u- |i tnciit à la l'ulii^Kiii, i;ui i'$t son |)i'iiici|ial objet, mais ciii'oie à l'Iisloiie irivilorl nalu-
l<llK, à
jL^Oàiapliic, à lu uiinlecinL', a
l'agricul.urc t'I tiéiiéialeiiJL'Ul ."i tous les arts. Dans les proiiliélios , coiiuin.' dans li's piaumes el dans les caiiliiiues, j'ai emidu^é lies slro|iliL'S alleinalivis ; el (jui-liiiicrois , à l'imitation du l'inJare , j'ai disposé les slances trois à Irnis , ilont les premières sont seinhlaWes entre elles, et la troisième est d'une mesure ditlérente. J'ai cru que ce méluiijje syméliiijue de strophes inéijales l'oruitrait un coulrasle harmonieux, et que eus eadeiices ainsi diversiliées ne convenaient pas mal au genre ly- I ique. Car si la poésie ressemble à la i>einlure, elle doit aus^i imiter la musiiiue, dont le charme consiste dans une mélodieuse variété du tons et d'accords.