I.IMI.N.VIUK
la barbarie. Les benux-aris enfin so voyaient dans cet étal dé|il(irable où il n'y a phis qu'un pas à faire de la ciiuti- ?i l'anéantissenienl. Il ne liitlaicnl e.intre leur niauvaiso l'urtune <pie dans cpicliiues villes (gauloises, comme 'l'oulouse, Itordeaux , Lyon, Aulnii, où l'on juge, |>ar les orateur» qui s'y disliiignaicnt, et ipii nous ont laissé des panég)riques, que les faiblis resii-s do la saine et judicieuse littéraluci! s'élaieiil réfugiés. Il ne serait pas dillicile de prouver que !a corrujition du goût intVda la capitale avant les provinces, et qu'elle lut in- Irodnile à Home par le luxe, la mollesse, le dérèglement des mœurs et l'amour des nouveautés , toujours si funestes aux «-nipiies. On pourrait se livrer lù-dessus à bien des réllexions ; mais ce n'est point ici le lieu de s'y ariôler.
Plusieurs modernes ont écrit dos hymnes en vers lalins. il n'est pas permis de passer sous silence celles de Sanleuil. Jamais hoiiimo peut-être ne fut jilus rempli i|Uo lui de ce (|u'on appelle verve poétique. Elle. étincelle dans tous ses vers. Si les admirateurs de Prudence, entre autres Sidoine Apollinaire, ont cûiiqiaré ù Horace cet écrivain du iv° siècle, malgré la dureté de sa versitication et de son style, (juc n'eussentils |)as dit des cliefs-d'œuvre de Sanleuil".' On l'accuse de n'être pas assez pur ni asse^ correct dans sa latinité. Je me tiguro quu Cicéron et Virgile , s'ils revenaient au moiiJe, feraient le môme reproche aux auteurs modernes qui passent (lour écrire le mieux en latin. Sanleuil est plein de nerf et de feu. Ses hymnes de la Vierge sonl charmâmes. Il y déploie toutes li-s grdces de la poésie, et les sentiments de la plus tendre dévotion. Heureux si, en riuiilant dans (jnelques endroits, j'avais pu m'approprier son imagination et son génie.
lié. luit à mon (iropre fonds dans celte partie de mon travail, j'y ai employé, autant que les diU'érenls sujets l'ont admis, le langage et les pensées des écrivains sa-- Clés. J'ai emprunté des Pères ijuclques idées grandes et suljlimes qui convenaient parfaitement aux matières que je iraiiais. Leurs ouvrages sont, après l'Ecriture, la trésor le plus riche que nous conruiissions. Ces hommes, queDieu avait suscités pour lu propagation, la défense, et l'alfermissement de la foi prèchée par les apôtres, n'élaieul |ias iirécisémeiU inspirés ; mais ils recevaient des secours si abondants de grâce et de lumière, que leur doctrine et leur élo<iuence annoncent visiblement l'Esprit divin (jui les éclairait. Leurs éeril.'* brillent souvent de beautés d'un ordre surnaturel. Ce sont d'excellents matériaux pour la poésie. Je les ai mis eu œuvre, et si l'orgueil P'oétique ne m'abuse [loint, j'ose m'assurer qu'on ne sera pas meciniient de ces odes d'une nouvelle espèce, où je crois aussi ([u'ou ancrceviu de riuveulion dausles dèlails.