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l'AUT. V. TIIF.OI.. MOUALL.
li'uriiic"a|';uMl(5 ( Idujoiii's véiil;ilil(;,iiui-li|Uis taluiils l'I i[Ui'liiu((s Vertus iiii'ûii puissu avoir ), it h su roii Iro nvt'c luiiiiilili'', lf)rsi|irils 110 pt'uvenl s'en ilispenser: Siprius- ^ quain promiivearis prirseitseris , recède, per- «11(1.4111 te en re iiiilifiniim esse; si vero coinprehensus ftieris, leierentitim et moilestimn eshihe (3(i). Tiiiit siiiiil Hhrysosloiiii! iHait o|ijit;ni5 d'appioiivir l\Mnprossi'iiinnl di' parvenir.'» l'épiscopat, siius prétexte (in'oii <l»5siro d'y l'airo lieaueoiip de bien , et (m'oii iT.i rii'ii négligé pour s'y piéparcrl
KtfonMuent eût-il pu pcnserautroinont? lui qui était si l'rapp.édes iiiiinonses obligations de l'épiscopat et de la difliiullé de les remplir, qu'il a dit fonnellemont, non dans un (le ces transports tréloquence (pii entrai'ieiit quelquefois un orateur au delà des bornes de l'eiaclo vérité , mais avec une intime et I)ri>l'onde conviction : Non alto modo loquar (judm ut alj'ectits siim ,37). Je ne crois pas ([u'il y ait beaucoup d'évéques do sauvés, lo plus grand nombre est de Ceux qui périssent : Non midtns puto sacerdoles salvos fieri, sed mttlto pliircs pnire. Ma raison est quecelte dignité demandi! une;1me singulièrement élevée : Non cilia de causa, quam qtfud res excelsum poslulet animum : terrible sentence dans une bouclie aussi ennemie de l'hyperbole que du langage précieux et affecté 1 Elle ne renverse pas la juste confiance que doit inspirer h tout évèque , dans les principes do saint Chrysostome, une vccation non sus|iecle; mais elle prouve évidemment qu'il n'a jamais excusé, encore moins loué , ceux qui ajipellent par leur désir un joug qu'on ne leur impose pas, et qu'ils ne peuvent trop redouter.
Voici le résumé de la doctrine des Pères sur la question [irésente. Je ne parle plus des auatlièmcs qu'ils ont lancés sur l'ambition et la cupidité qui se produisent avec audace, sur l'insullisance ignorée et sur les vices secrets, qui acquiescent mal à propos à une élection où les hommes se sont trompas. Je m'arrête aui sujets qu'ils regardent comme éligibles par leurs vertus et par leurs talents ; ils les considèrent en trois temps : lorsqu'ils sont encore dans le second ordre du sacerdoce; lorsqu'ils ont été a[)pelés à l'épiscopat; lorsqu'ils sont indispeiisablement obligés de l'exercer.
Dans les premiers temps , l'avis de saint Chrysostome est de se cacher ou de s'enfuir, pour échapjier à une élection qu'on peut prévoir. Saint Grégoire, pape, juge que c'est le parti le plus sûr ; cependant plusieurs grands évoques des premiers siècles, comme des siècles plus récents, n'avaient pas eu recours à cette précaution ; contents de s'être abstenus avec scrupule de toute démarche tendante, directement ou indirectement, à se faire élire; et d'ailleurs, ayant conlinué de résider et de paraître dans les lieux où leur mérite et leurs services attiraient sur eux les regards publics : l'invitation à la fuite, ou h la retraite précoce, n'est donc
i.KTHii;s A UN Lvtuii:, tic, ?ii
qu'un conseil, diMit l'application aejioml des circonstances.
Il en est de rn<^mo de cette retraite ou do cette fuite, postérieure h l'élection, ce qui est le second teiiq)S. (^etle électirjn ayant toute l'apparence, par la manièi-e dont elle s'est passée, d'une élection inspiré'u ou approuvée do Dieu, celui (pTelle regarde doitil , peut-il s'y soustraire? les Pèies les plus savants et les plus illustres, uotununcit ceux dont nous avons rapporté les textes, n'ont pas cru devoir se rendre h cette première iippari.'nce; ilss'en S(inldi''liés,tlans lacrainlu (pie Dieu n'eût permis qu'ils fussent élus, pour |)unir leurs pi'opres |)écl\és, et par un jugement de rigueur sur les ti'OU[)eaux qu'on voulait leur conlier. Ils ont attendu que la volonté divine, surmontant les obstacles qu'ils mettaient eux-mêmes à leur élection, se déclarât dans un tel degré d'évidence, (ju'ils ne pussent plus rel'nser sans ciimo le fardeau de répiscojial. Il fallait de ces exem|iles pour mieux com|)rendre l'excellence de cette dignité , et pour humilier l'orgueil de ceux qui osent s'en estimer cafiables. Au fond, si les Pères qui ont donné ces exemples n'ont pas cru en faire l-;op pour eux, ils n'ont pas [lensé non plus (pie d'autres dussent toujours en faiie autant; et certainement, ils ortt resjiecté des évè([ues , leurs prédécesseurs et leurs contemporains, qui se sont sacriliés, qui ont utilement servi l'Eglise , dans l'épiscopat, sans l'avoir fui extérieurement, avant ou après leur élection. L'Eglise en a également placé sur ses autels, qui n'ont laissé dans ces derniers siècles aucune trace connue de mesures prises par eux pour détourner d'abord leur élection, ou ensuite, pour s'j' opl^oser. Ce sont deux conduites dilférentes , mais animées du même esprit, ainsi que l'a dit saint Grégoire. L'une annonce par elicniôme une plus forte conviction de sa propre faiblesse, et des dangers de l'épiscopat; jnir là, elle répand au dehors une lumière plus éclatante; l'autre, donnant un moindre essor à ces sentiments , quoiqu'elle en soit pénétrée, en fait céder rim|)ression, sans résistance, aux besoins de l'Eglise, et n'attend pas les dernières evtiémités pour suivre une vocation sullisammeut connue.
L'une ressemble davantage à la conduite de Jérémie , l'autre à celle d'Isaïe. Mais quoique les exemples d'une résistance portée aussi loin qu'elle pouvait aller, ne fassent pas la loi, il est bon de les rappeler pour deux raisons : premièrement, parce qu'ils montrent l'esprit dans lequel ont agi ces grands hommes, esprit de désintéressement, d''liumilité , de révérence i)0ur une dignité sacrée; or il n'est permis à aucun ecclésiastique de s'écarter de cet esprit, et rien n'y est plus contraire qu'un désir de l'é- ()iscopat , où l'amour des richesses et des honneurs n'entre pas, si ou veut bien le croire, mais qui renferme incontestablement une opinion avantageuse de soi-môiue, avec
(3(5) S. CiiRYS., liomil, 54 in F.f'ni ad llcbicros.
(57j hiem. IrHii. 5 in Acta apvsloloxtim.
ŒUVRES COMPLETES DE LEFRÂNC DE POMPIGiNAN.
une opinion lrt!'s-.iéri'ctueiise de In dignité ;i Inquclle on ;iS|iirL'; secondement, parce que ie motif [liiccijial , sur leijucl ceux qui ont donné ces niéniornbles exemples se l'ondoienl, a |iu ôtie sasceplible, selon les cirronsliinres, d'ui:o aiiplic;ilion plus ou moins iHendui'; mais en lui-même il est invariable, et d'une égale vérité dans tous les temps. Ce motif csi lu crninle d'avoir à répondre pcrsonnellomcnl devant Dieu de toutes les âmes sur lesquelles on aura de l'autorité : craindre un aussi grand péril, et désirer do s y exposer, sont deux choses incomjiatiiiles.
Où placer le désir de l'épiscopat, ou, pour mieux dire, renjpressemenl 5 en exercer les fonctions?-Dans le troisième temps, lorsque cet exercice devient un devoir par Tacquiescement à une élection canonique, et plus encore par la consécration, qui attache un évêque à son lrou[>cau. C'est alors que les Pères ont pensé ()u'on ne peut se [lorfer avec trop d'ardeur à l'accomiilissement des œuvres de l'épiscopat; suivant ces paroles de Jésus-Chiist h saint Pierre : « Si rou.1 m'aimez , paissez mes agneaux, paissez mes brebis [Joan. xxi, 15, Ï6, 17); la pins grande preuve de vutie auionr pour moi est de conduire daii?- les p;Uurages de la vie éternelle les unies rachetées de iDon sang. » 11 n'y a |ias d'ambition plus noble, ni de plus saint désir; le zèle y est pur, la charilé y est parfaite , sans soui>ç<in d'intérêt, sans mélange de présomption : toutefois ces deux pestes sont encore à craindre jusque dans la ferveur des œuvres épiscopales. Il faut toujours se tenir en garde contre des biens et des honneurs qu'on n'a pas désirés, mais dont la possession est une tentation continuelle; il faut se défendre sans relûclie du venin subtil de la vanilô , dont les atteintes ne sont jamais jilus dangereuses que sur le tliéiUre où l'on a un peuple nombieux |)our témoin de ses bonnes œuvres, il faut portera tous moments un regard sévère sur soi , et cependant avoir les yeux ouverts sur ses inférieurs : tel est l'endjarras , telle est la perplexité de l'évéque le mieux appelé. Y a-t-il de la [irudence, quand on ne re>t pas encore, et que peut être on ne le sera jamais, à souhaiter do pareils combats?
11 est donc vrai que les Pères de l'Eglise ont consiauiment proscrit le désir premaluré de l'épisco|)at, môme avec la condition, si on la suiii)ose réelle, de séparer les ojuvres ul.les et ii;éritoires, des avantages li'Ujl)orels. Quelques passages détournés n'ont besoin (jue d'être mis h leur place [lour ro".o trcr daiis le corps de leur doctrine, exprimée en t.iii! d'endroits et avec tant de clarté.
Vous laites nuMition, Monseigneur, d'une nouvelle objeilion ipie je (lOarrais omettre, couuoe détruite d'avance par les i aidons alléguées ci dessus : je vais en pa: 1er pour vous ialisfaire. On vi.usdit que l'éi)!Scoi)at e>t la récompense des veilus exercées cl des services rendus dans le second ordre; (|ue le lufilleur usoj^e du dioit acquis de [xiurvoir
aux premières dignités do l'Eglise, est d'envisager et de proposer hautement r6i)iscopat sous ce point de vue; que les nominations dirigées sur ce plan , dégagent la conscience du nominateur; qu'elles édifient le public, réjouissent l'Eglise , excitent et entretiennent l'émulation. Or, s'il est louable d'accorder l'éjjiscopat comme récompense, il doit être permis de désirer co au'on est invité ^ mériter.
Ce sont là, je l'avoue, les vues d'une sagesse purement humaine; mais ce no sont pas celles que l'esprit de Dieu ait consacrées dans ses oracles, qu'il ait imprimées dans le cœur des saints de tous les siècles, qu'il veuille conserver dans son Eglise, jiar la perpétuité d'un enseignement supérieur à tous les exemples contraires. Des vertus ecclésiastiques , des services rendus à la religion dans l'exercice du ministère des autels, n'ont pas, à parler exactement, de récompense sur la terre; on les ravale, si on leur en olTie une avec laquelle on les proportionne ; et si l'on vient h bout de leur donner pour motif l'espoir de la mériter, on la dénature. 11 n'y a [)lusde vertus chrétiennes, à plus forte raison, sacerdotales; il n'y a plus do travaux a(iostoliques, oii l'on envisage une fin qui s'accorde aussi mal avec le désir de plaire à Dieu, et d'obtenir les biens célestes qu'il nous préparc. Allumer parmi les ministres de l'Eglise le désir de celte fin terrestre, n'est pas leur inspirer une émulation louable; c'est fomenter en eux l'ambition, i'avidiîé des richesses, l'amour de la vaine gloire. Avec dfv tels motifs, qui percent infailliLlemenI, le [lubiic n'est [las édifié, ni la religion ulilement servie. Qu'est-ce , d'ailleurs , que i'épiscojiat dans les vrais principes? Une charge, un fardeau (jui ajoute de très-grandes obligations à celles qu'on avait déjà, qui devient la matière d'un compte ()lus rigoureux au tribunal de Dieu, et d'une condamnation jilus terrible, si ce compte est mai rendu. Une charge de celte esiiôce n'est rien moins qu'une récompense; le |ircniier sentiment iju'clle duit exciter dans ceUii qui la subit, est do craindre, avec saint Augustin, (jueco ne soit une punition des |iécliés qu'il a commis : Vis mihi fada est merilo peccalorum meorum. Loin de l'en féliciter, comme un usage prolanej^ engage des personnes môme religieuses, il faut en gémir avec lui, s'il sent tout le poids qu'on lui impose; le rassurer néanmoins et l'encourager (|uand sa vocation parait bonne; ou s'il ne sent jias la pesanteur do son fardeau, déjilorer son aveuglenieni, plaindre l'Eglise, et abandonner à la Piovidence les suites d'un événement dont la foi ne peut se réjouir.
Il }■ a pourtant quelque vérité dans ie discours des autours de celte objection. Autrefois, et lorsque le peuple et le clergé d'une ville élisaient leur évoque, ou, selon (pieWiues-uns, formaient sjjulement le vœu de cette élection, qui n'était consommée que par le déciel du métropolitain et dus
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l'AUl. V. TIIF.OL .Mon.M.i:.
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10 clii)i\ lombAl sur un suji-l ('Ir.itiî^or. (-<>ininuiii^iiitMil on l'Iisnit un intUiu ou un di.icru «lo l;i naMnr rgliso; cl si Ion n'av;iit jiiis tiiujoui's i\^;ii-(l h r;ni(-i('iinuli> tlo SL'r\ in-, on ue lui |iii'lViait quo l;i supériorili5 du iniTili'. On s;iil ijne ,s;iinl Fi-lix ne voulut |ias (^Iro oi'doniu^ i^vi^iui- dp Niilo, jui [néludici* d'un |iiClrL< plus .incim i|ui; lui d.ins lo niùmo cleii,'!'' : nuiis .-«i Ton l'ousiMitil idors (pi il di'louriiAl som élection sur un nuire, (|ui vr;iiM'ndilnlil(Mii(.'Mt hi inirilnit moins que lui, cl c'L>|ii>nd.'Uit lu nn'ril.iit, on soit niissi i|Ul' riuii n';i l'ié l'Ius ordiniiiro que de laisser, pour dillérenles rili^(lllS, dos membres du clergé dans des places et des lonclions iulérioures, sans les élever jamais |>lus haut.
Nous lisons, h la vé'ile, dans l'action ou session Iroisiènio du Concile ocuméni(]ue (le CliaÎLédoine, une requête de Théodore, diacre d'Alexandrie, se plaignant, cntr'uutres giiels, que liioscore, paliiarciie ciityeliieii de celte église, et déposé dans et; concile, tant pour son hérésie que [tour les excès qu'elle lui avail f;<it conimetlie, l'avait exclu du sacerdoce (]u'il espérait coinnio la réconqiense d'un servie? de quinze ans d".ns l'ollice du <liacoMat : Spcrans et nwjorem honorem 77icreri. 'Slais le concile no lit pas droit sur cette requiMe, en ordonnant ou en pei-iuettant que Tliéodoro lût élevé au saceriloce. Tout ce cpii résulte de la transcription dans les actes du concile de celle pièce (oii l'on voit des injustices des |)lus manifestes du patriarche Dioscore, notamment contre le diacre plaignant, et où l'exclusion de celui-ci pour le sacerdoce, est uniquen)cnl attribuée à la haine do Dioscore envers la mémoire de saint Cyrille, son prédécesseur], c'est (jue le concile voulut enteïidre et insérer dans ces actes tout 00 qui pouvait être à la charge de Dioscore, sans approuver néanmoins, ou sans vouloir redresser chatine grief contenu dans les plaintes qu'on lui présentait.
l]ne pi(k-e d'un plus grand poids sur cetla matière, est la lettre du pape saint Célcslin, dans lo cinquième siècle, aux évoques des provinces \iennoise et Narbonnuise. 11 y prononce qu'il ne faut point donner aux églises vacantes des évoques, malgré la résistance du jieuple et du clergé de ces églises, et qui ne soient pas tirés du môme clergé. Il excepte du second point de ce règlement, le cas, très-rare selon lui, quod evenire non crtdimus, où , ne se trouvant dans le clergé même de la ville aucun clerc digne d'être promu à répisco|iat, tous les icembres de ce clergé doivent être rejetés, et on leur préfère avec justice des étrangers: Primuin cnim illi refatandi sunt, ni aliqui de iilienis pi-œferantur. 11 n'est pas doulmix que saint Célestin n'eût volontiers ajouté à cette exception de nécessité, celle d'une utilité supérieure, oii le mérite éclatant d'un ecclésiastique étranger aurait décidé la préférence en sa faveur, sur de. bons sujets attachas à l'Eglise vacante. L'eïenij>lc de