ODE IX
Tirée du psaume lxxix : Qui régis Israël, intende.
ARGl'irENT. — Dans ce psaume, où le discours pst adressé d'un bout à l'autre au Seigneur, le Proplièl'î annonce la captivité de tlabylone cl la délivrance du peuple juif, et sous celte double image de c;iptJvUé et de délivrance, il nous rcprosenle l'empire du démon et l'avènement du Messie.
Auguste chef de nos ancêtres,
Pasteur des enfants d'Israël,
Toi qui brisas le joug cruel
Qu'ils portaient sous d'indignes maî-
[Ircs:
Seul arbitre de nos destins.
Toi, dont l'aile des chérubins Soutient le trône inébranlable.
Nos cris ne t'émeiiveiil-ils plus?
Et sous le mal qui les accable Verras-tu |>érir tes tributs"?
Viens, que (on peuple enfin revoie Le Dieu qu'il avait écarté.
Rouvre nos jeux à ta clarté, Fais rentrer nos pas dans ta vo:e.
Oui, nous avons armé tes mains; Ces faveurs que sur les humains Tu versas dès les premiers âges, Nous cessons de les mériier; .Mais nos regrets et nos liommagos Ne servent-ils qu'à t'irriter'?
œUYJlES UELIGIEUSES DE J.-J. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAN.
Pourquoi, Seigneur, d^ nos ainrmes Veux-lu faire encore les plaisirs?
'l'u nourris nos cœurs de soupiis, Va tu les abreuves de larmes.
A ses voisins de toutes parts, Jusques dans ses derniers remparts, Juda proscrit se voit en bulte :
C-'esl à toi seul de l'assisler; Hélas I si ion bras nous rebute, A qui pourrons-nous rébisler ?
Nos ennemis par mille outrages Insultent tes autels détruits; Ils recueillent en paix les fruits De leurs infâmes brigandages.
Invincible Dieu des combats, Vengeur puissant, qui nous abats.
Dérobe à leurs coups ma patrie ; Un coup d'œil changera son sort; Tes regards ramènent la vie Aux lieux que dépeuple la mort.
Comme une vigne transplantée
Qui va fleurir sous d'autres cienx,
Par toi-iûôrae dans ces beaux lieux
Ta nation fut transportée.
Pour nous ta voix ouvrit les mers
Tu fis devant nous dans les airs
Marcher la flamme et les nuées;
El des barbares légions
A leurs faux dieux prostituées,
Tu nous livras les régions.
Du milieu des vastes campagnes.
Celle vigne que tu chéris.
Elève ses bourgeons fleuris Jusques au faîte des montagnes.
Les cèdres rampent à ses pieds; Ses rejetons multipliés Bordent au loin les mers profondes; Le Liban nourrit ses rameaux, Et l'Euphrate roule ses ondes Sous l'ombrage de leurs berceaux.
Mais que dis-je 1 ta vigne sainte
N'est plus qu'un stérile désert,
Qu'un verger aux passants offert
Dont toi-môme as détruit reiiceinte.
Livrée à des coups assassins.
Le voyageur de ses larcins
Y laisse d'horribles vestiges
Et parla vengeance conduit.
Un monstre en a brisé les tiges.
Dévoré la feuille et le fruit.
Souverain roi de la nature,
Permels-lu que des furieux Anéiintissent suus tes yeux Le tendre objet de la culture.
Rends-lui tes premières faveurs; Sa ruine cause nos pleurs, El le désespoir où nous sommes.
Accorde à tes enfants soumis Ce divin bienfaiteur des hommes Que tu leur as toujours promis.
La flamme embrase ta demeure, Viens éteindre ces feux mortels.
Que l'ennemi de les autels Ouvre l'œil, l'envisage, et meure.
Les humains faits pour l'invoquer,
Les humains osent fattaquer, 1! en est temps, l'ais-'oi connaî rc; Fais leur connaître ce vainqueur, L'envoyé des cieux, qui d.it être Enfant de l'homme et sou Sauveur.
Jusqu'à nous ta grandeur s'aba'sse ; Trop indignes do tes bienfaits.
Nous le consacrons désormais Les jours que ta bonté nous laisse.
Que sommes-nous sans ton appui ! Moins irrité, daig.ne aujourd'iiui Nous consoler et nous instruire ; Et dissipe enfin notre elJroi, Par ces beaux jours que lu fais luire Sur les disciples de la loi